La chefferie de Nio Kamule, dans le territoire d’Aru en province de l’Ituri, vit des heures sombres. Plus d’une dizaine de porcs ont succombé en une semaine à une maladie dont les symptômes évoquent fortement la peste porcine. L’élevage porcin Aru, poumon économique de la région, retient son souffle.
Diarrhée, apparition de lésions cutanées, perte d’appétit et fièvre intense : voilà les signes cliniques qui sèment l’inquiétude parmi les éleveurs. Si la maladie porcine RDC ne représente aucun danger pour l’homme, elle peut décimer un élevage en quelques jours à peine, telle une traînée de poudre dans une porcherie.
Comment une telle flambée a-t-elle pu survenir aussi rapidement ? La société civile locale pointe du doigt l’importation incontrôlée de porcs en provenance des pays voisins. Ces bêtes entrent sur le territoire sans examen vétérinaire ni quarantaine préalable, transformant les frontières en véritables passoires sanitaires. Un terreau idéal pour la propagation des virus.
Pour saisir l’ampleur de la menace, il faut comprendre la résistance du virus de la peste porcine – surtout dans sa forme africaine. Capable de survivre des semaines dans la viande, sur des vêtements ou du matériel, il se transmet avec une facilité déconcertante. Un simple porc infecté introduit dans une exploitation peut contaminer tout le cheptel. Face à la peste porcine africaine, aucun traitement ni vaccin commercial n’est disponible ; seule une prévention rigoureuse peut contenir l’épidémie. Si la souche en cause s’avérait être la peste porcine classique, un vaccin efficace existe et pourrait être déployé rapidement, d’où l’urgence d’un diagnostic précis.
Ces morts de porcs en RDC ne sont pas qu’une statistique sanitaire : ils frappent durement l’économie locale. À Aru, l’élevage porcin fait vivre des milliers de ménages et garantit l’accès à une protéine animale abordable. Chaque bête perdue, c’est un revenu envolé et une assiette moins garnie. L’épidémie porcine qui sévit à Aru menace donc la sécurité alimentaire de toute une région.
Face à cette situation alarmante, la société civile exhorte les autorités à multiplier les contrôles vétérinaires, à organiser une campagne de vaccination si la nature de la maladie le permet, et à sensibiliser les éleveurs aux gestes de biosécurité. Le responsable provincial du service de l’Élevage en Ituri a reconnu la gravité des faits, promettant des informations complémentaires après une évaluation sur le terrain. Une promesse qui devra se concrétiser rapidement, car le temps presse.
Que peuvent faire les éleveurs dans l’immédiat ? Isoler toute nouvelle bête pendant au moins deux semaines, désinfecter les locaux, et surtout ne pas nourrir les porcs avec des déchets de cuisine contenant du porc non cuit – une voie de contamination insoupçonnée. Signaler sans délai tout animal présentant des symptômes suspects aux services vétérinaires est aussi un réflexe salvateur.
L’alerte peste porcine Ituri n’est pas une fatalité. L’avenir de l’élevage porcin dans le territoire d’Aru dépend de la réactivité collective. Éleveurs, autorités, commerçants : chacun doit prendre sa part. Une chose est sûre, le temps de l’inaction est révolu.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
