Les pelleteuses ont fait taire le silence des champs. Dans le quartier de Kanyuka, à Kananga, le sol tremble désormais sous l’assaut des premières fondations bétonnées. C’est officiel : le stade de Kanyuka, cette arène tant promise de 10 000 places, est entré en gestation. Et c’est le directeur provincial de l’ACGT Kasaï-Central, l’ingénieur Gilbert Kapuku Ngindu, qui a donné le coup d’envoi de la constatation, ce jeudi 7 mai, en foulant le chantier bouillonnant.
Sur place, l’entreprise 2K Service n’a pas perdu une minute. Le béton de propreté des fondations coule à gros bouillons, pendant que de puissants bulldozers aplanissent l’immense aire de jeu. Une chorégraphie de manœuvres et de coffrages se déploie sous un soleil de plomb, comme si chaque minute arrachée au temps rapprochait le stade du rêve. « Regardez cette détermination, les ouvriers triment pour respecter les délais », s’est enthousiasmé Kapuku Ngindu, visiblement conquis par l’avancement des travaux.
Pour l’ACGT, maître d’ouvrage délégué du ministère des Infrastructures, ce chantier n’a rien d’un projet de seconde zone. La future enceinte, plantée sur une concession de 12 hectares, devra répondre aux normes internationales, aussi bien sur le plan technique que sécuritaire. Une ambition qui fait souffler un vent nouveau sur le chef-lieu du Kasaï-Central, privé depuis longtemps d’infrastructures sportives dignes de sa ferveur populaire.
Dans l’atelier de ferraillage, les hommes tordent l’acier avec une précision d’orfèvre. Plus loin, la pelouse prend forme sous les passages croisés des compacteurs. Le contrôle des travaux est assuré avec rigueur par le cabinet Tropique Architecture, tandis que 2K Service, sous-traitant de la chinoise SISC SA, met les bouchées doubles sous la supervision de l’ACGT Kasaï-Central. Une synergie d’acteurs qui promet de transformer le terrain vague en un joyau sportif.
Et quel joyau ! Le stade de Kanyuka ne sortira pas d’un chapeau de magicien. Il est l’un des fruits concrets du programme sino-congolais, ce partenariat colossal destiné à moderniser les infrastructures publiques. Une enveloppe qui vient à point nommé pour les jeunes pousses du football kanangais, cantonnées jusqu’ici au modeste stade des Jeunes du quartier Kapanda. Là-bas, les gradins branlants et l’éclairage défaillant ne pouvaient plus contenir l’ardeur des supporters.
Le construction stade Kananga prend donc une allure de quête réparatrice. Plus qu’un assemblage de gradins, ce stade 10 000 places incarne la volonté du gouvernement de promouvoir le sport comme vecteur de jeunesse, de santé et de cohésion sociale. Dans les ruelles poussiéreuses de Kanyuka, on murmure déjà que l’édifice portera les espoirs de toute une province, une promesse de jours meilleurs où les exploits des footballeurs locaux ne seront plus confinés aux récits des anciens.
Alors, la course est lancée. La sueur des ouvriers se mêle au grondement des engins, tandis que le béton refroidit en couches successives. Un jour, bientôt, les acclamations de 10 000 spectateurs couvriront ce vacarme. Ce jour-là, l’ACGT Kasaï-Central aura gagné son pari : offrir à Kananga un stade qui n’est plus un mirage, mais un monument.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
