Une nouvelle épreuve s’abat sur le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Le centre de santé de Nyaruhange, véritable poumon sanitaire pour plus de 13 000 âmes, vacille après des pluies torrentielles. Ce vendredi 8 mai, l’équipe médicale lance un appel vibrant à la solidarité pour éviter que des vies ne soient mises en danger. Mais que se cache-t-il vraiment derrière ce cri d’alarme ?
Selon les explications de Roger Bisengimana, infirmier titulaire du centre de santé de Nyaruhange, les précipitations ont frappé sans pitié. Le mur de la maternité, déjà fragilisé, a cédé par endroits, exposant les parturientes aux intempéries. Plus grave encore, l’incinérateur – cet outil indispensable à l’hygiène hospitalière – a été littéralement détruit, emportant avec lui les fosses à placentas. « Depuis environ deux mois, nous n’arrivons plus à gérer correctement les déchets médicaux », confie-t-il. Imaginez un service d’urgence où les pansements souillés, les seringues usagées et les résidus biologiques s’accumulent sans être traités. Le risque infectieux devient alors un ennemi invisible, capable de contaminer patients comme soignants.
Cette situation rappelle une réalité trop souvent négligée : dans certaines zones reculées du Nord-Kivu, un incinérateur endommagé peut devenir le maillon faible de toute une chaîne de soins. Sans lui, comment garantir la sécurité sanitaire dans une zone qui accueille déjà des centaines de déplacés et retournés d’Ouganda ? La question est brutale, mais elle illustre la fragilité de ce pilier de la santé communautaire.
Justement, l’afflux de personnes vulnérables complique encore la donne. « Là où il y a beaucoup de déplacés, le paiement des soins devient difficile », explique l’infirmier titulaire. Ce centre de santé, pourtant essentiel sur l’axe Nyamilima-Ishasha, ne bénéficie d’aucun soutien humanitaire régulier. Les patients arrivent avec des ressources quasi inexistantes ; les médicaments s’épuisent ; le personnel, malgré tout, continue de soigner dans des conditions précaires. C’est un cercle vicieux : plus les infrastructures se dégradent, plus la prise en charge devient onéreuse et dissuasive pour une population déjà paupérisée.
Pourtant, une lueur d’espoir pourrait émerger si l’appel à l’aide est entendu. Les responsables du centre de santé de Nyaruhange tendent la main aux bienfaiteurs, plaident pour un appui urgent. L’objectif est double : réhabiliter la maternité et l’incinérateur, mais aussi renforcer les capacités locales afin de mieux répondre aux besoins des déplacés santé RDC. Chaque geste compte. Soutenir cette structure, c’est protéger des milliers de Congolais contre des épidémies évitables.
L’histoire de Nyaruhange nous interpelle collectivement. Quand les pluies Nord-Kivu frappent, ce ne sont pas seulement des murs qui tombent, mais un droit fondamental à la santé qui est mis à mal. À l’heure où la solidarité peut traverser les frontières, répondre à cet appel aide Rutshuru devient un devoir moral impérieux. Car derrière chaque médicament stérile ou chaque berceau sécurisé, il y a un avenir qui se joue, ici et maintenant.
En définitive, la résilience des équipes locales est remarquable, mais elle ne suffira pas seule. Il est temps que des partenaires se mobilisent pour redonner à ce centre de santé de Nyaruhange les moyens d’accomplir sa mission vitale.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
