Le football congolais retient son souffle. À moins d’un mois du scrutin du 20 mai, Véron Mosengo-Omba a déposé sa candidature à la présidence de la FECOFA. L’ancien secrétaire général de la CAF a franchi les portes du siège comme un conquérant, porté par un plan d’action qui promet de sortir le ballon rond congolais de l’ornière. Gouvernance, transparence, intégrité, responsabilité : voilà les quatre piliers sur lesquels il entend rebâtir une fédération malade. Mais est-il vraiment le profil idéal ?
Véron Mosengo n’est pas un inconnu. Né à Yolo, ce quartier bouillonnant de Kinshasa, il a passé trente ans dans les coulisses du football mondial. FIFA, UEFA, CAF : il a gravi tous les échelons. À la tête de l’administration du football africain de 2021 à 2026, il a notamment fait grimper la cagnotte de la CAN de 5 à 10 millions de dollars, et les primes globales de 27 à 35 millions. Une performance qui a attiré partenaires et médias. Bref, un CV qui claque.
Pourtant, des ombres planent. En février 2024, le parquet de Fribourg, en Suisse, ouvre une enquête pour soupçons de corruption, gestion déloyale et falsification. Des bonus excessifs, des retraits en espèces suspects… Les accusations font grand bruit. Mais Véron Mosengo ne se dérobe pas. Il se rend volontairement en Suisse en novembre 2024 pour être auditionné. Et en début d’année 2025, le parquet abandonne les poursuites, faute de preuves. Blanchi. La CAF elle-même salue une décision qui « témoigne de la transparence ». Un ouf de soulagement pour le candidat, qui voit sa crédibilité renforcée.
Le défi qui l’attend est titanesque. Le football congolais se meurt. Un championnat national qui ploie sous l’amateurisme, des infrastructures inexistantes, une formation des jeunes et du féminin à la ramasse, une administration malade. Et surtout, une FECOFA qui doit retrouver la confiance après l’ère Omari. La qualification historique des Léopards pour la Coupe du monde 2026 cache à peine la forêt de problèmes. Mais elle peut aussi servir de tremplin.
Véron Mosengo est-il l’homme de la situation ? Sa liste, composée de figures comme Lolo Mosango, inspire confiance. Mais la route sera rude : huit challengers se dressent devant lui, dont l’ancien international Shabani Nonda et le président de la LINAFOOT Bosco Mwehu. Pour de nombreux observateurs, le natif de Yolo reste le seul à avoir un CV solide. Reste à convaincre les soixante-huit électeurs.
Alors, Véron Mosengo, sauveur ou illusion ? Les élections FECOFA du 20 mai livreront leur verdict. Une chose est sûre : le football congolais a besoin d’un leader qui maîtrise les rouages internationaux. Et lui, il les connaît mieux que personne. Question : saura-t-il transformer l’essai ?
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Eventsrdc
