AccueilActualitéCultureACOFEPE : urgence de replacer le livre au cœur de l'éducation congolaise

ACOFEPE : urgence de replacer le livre au cœur de l’éducation congolaise

Dans l’ombre des écrans lumineux qui captivent les regards, les pages des livres s’effacent peu à peu, comme des ombres silencieuses. Chaque 23 avril, la Journée du livre et du droit d’auteur rappelle pourtant que le papier conserve une âme, une résonance que le numérique ne saurait totalement étouffer. À cette occasion, l’Association Congolaise des Femmes Journalistes de la Presse Écrite (ACOFEPE) a lancé un appel vibrant, une supplique adressée à la société tout entière pour raviver la flamme de la lecture, notamment chez les jeunes, alors que les contenus fugaces des plateformes numériques grignotent l’espace dévolu à la réflexion.

Dans un communiqué empreint de gravité, l’ACOFEPE souligne le rôle central du livre dans la formation intellectuelle, l’éducation et la consolidation de la liberté d’expression. « Le livre n’est pas un simple objet, c’est un passeur de mondes », semble-t-elle murmurer, tandis qu’elle met en garde contre une baisse progressive des habitudes de lecture, particulièrement chez les élèves. Les formats courts, les vidéos instantanées, les notifications incessantes ont-ils déjà vidé les bibliothèques scolaires de leur magie ? La question, rhétorique, appelle une prise de conscience urgente.

Pour l’ACOFEPE, la lecture demeure un levier essentiel de développement personnel et collectif. L’association insiste avec force sur la nécessité de replacer le livre au cœur des pratiques éducatives afin de favoriser l’esprit critique et l’accès au savoir. « Comment former des citoyens éclairés si l’on délaisse la lenteur des pages pour la frénésie des écrans ? », interroge-t-elle en filigrane. Les autorités éducatives, les responsables d’établissements publics et privés sont ainsi exhortés à renforcer la place de la lecture dans les programmes. Parmi les priorités avancées : la création de bibliothèques scolaires accessibles et attractives, véritables havres de paix où les mots dansent entre les rayonnages.

L’organisation encourage également les enseignants à adopter des approches pédagogiques innovantes, capables de susciter l’intérêt des apprenants pour la lecture, dans un environnement de plus en plus dominé par les écrans. Imaginez une salle de classe où le livre devient un compagnon d’aventure, où chaque chapitre est une invitation au voyage intérieur. L’ACOFEPE ne se contente pas de pointer du doigt les dérives ; elle propose des clés pour ouvrir les portes de l’imaginaire.

Au-delà du cadre scolaire, l’association met en avant la responsabilité des parents dans la transmission du goût de la lecture. Des gestes simples – lire régulièrement à la maison, proposer des ouvrages adaptés à l’âge des enfants, valoriser les moments de lecture en famille – peuvent transformer le quotidien. « Chaque soir, une histoire lue est une graine semée », affirme l’ACOFEPE, convaincue que ces pratiques contribuent à former des citoyens informés, capables de réflexion et d’analyse dans une société en mutation rapide.

En marge de cette Journée du livre, l’ACOFEPE rappelle également l’importance du respect du droit d’auteur. « La protection des œuvres intellectuelles n’est pas une formalité, c’est un acte de reconnaissance », insiste-t-elle. Les écrivains, ces bâtisseurs de mondes invisibles, méritent que leur travail soit reconnu et protégé. La promotion de la lecture ne saurait se faire au détriment de ceux qui en sont les artisans. L’association réaffirme son engagement à soutenir les initiatives visant à promouvoir la lecture, tout en poursuivant ses actions en faveur du renforcement des capacités des femmes journalistes, notamment dans les domaines de l’écriture et de la production intellectuelle.

Ainsi, dans le bruissement des pages et le silence des bibliothèques, l’ACOFEPE trace un chemin d’espoir. Un chemin où le livre, loin d’être relégué aux oubliettes, redevient le phare qui éclaire les consciences. Et si, finalement, la Journée du livre et du droit d’auteur était l’occasion de redécouvrir que la lecture est une résistance ? Une résistance douce, mais puissante, contre l’éphémère et le superficiel.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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