Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, a procédé ce jeudi 23 avril au lancement officiel des pépinières de macadamia dans la commune urbano-rurale de Maluku, à Kinshasa. Une initiative qui s’inscrit dans la campagne nationale de promotion des cultures pérennes en RDC, pilier stratégique de la transformation agricole du pays.
« Le macadamia représente une véritable opportunité pour nos agriculteurs. Aujourd’hui, son prix sur le marché est de 18 dollars américains le kilogramme. Avec seulement trois ans de patience après la mise en terre, les premières récoltes sont possibles. Même avec un nombre réduit de plantules, les producteurs peuvent générer des revenus significatifs », a déclaré Muhindo Nzangi. Ces propos, rapportés par nos confrères de Radio Okapi, illustrent le potentiel économique de cette culture de niche.
Dans une approche inclusive, le gouvernement met à disposition des plantules greffées, avec une gratuité annoncée pour les 100 premiers hectares. L’objectif est clair : encourager une large adhésion des populations locales, particulièrement celles de Maluku au quartier Mbangu Mbamu. Cette mesure incitative vise à démocratiser l’accès à une culture jusqu’ici réservée à quelques producteurs avertis.
Cette action confirme la volonté du ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire de positionner l’agriculture au cœur de l’économie nationale, conformément à la vision de la « revanche du sol sur le sous-sol ». En d’autres termes, il s’agit de valoriser les terres fertiles de la RDC plutôt que de miser uniquement sur les ressources minières. Le macadamia, avec sa valeur ajoutée élevée, devient ainsi un symbole fort de cette diversification.
Qu’est-ce qui rend le macadamia si particulier ? Considéré comme un fruit sec de luxe, il est réputé pour son goût doux et beurré. Il est largement utilisé en pâtisserie, dans l’alimentation saine, et son huile est très prisée dans l’industrie cosmétique. Originaire d’Australie, où il est intensément cultivé, le macadamia s’est progressivement imposé dans plusieurs pays : Afrique du Sud, Kenya, Nouvelle-Zélande, Thaïlande, Brésil, et même en Californie aux États-Unis. La RDC, en adoptant cette culture pérenne aux côtés du café, du cacao ou du palmier à huile, se positionne sur un marché mondial en pleine expansion.
Sur le plan local, les premières productions de macadamia sont déjà en phase de récolte dans le territoire de Lubero, tandis que la sensibilisation se poursuit à Beni, Butembo et Lubumbashi. Le lancement des pépinières à Maluku marque donc une nouvelle étape dans la diffusion de cette culture stratégique en agriculture Kinshasa et au-delà. Les agriculteurs de la capitale pourront désormais bénéficier directement de cette filière prometteuse.
Les retombées économiques potentielles sont considérables. Avec un prix de vente de 18 dollars le kilogramme, un hectare de macadamia peut générer des revenus bien supérieurs à ceux des cultures vivrières traditionnelles. Bien sûr, il faut compter trois années avant les premières récoltes, un délai qui exige patience et investissement initial. Mais les plantules gratuites offertes par l’État réduisent considérablement la barrière à l’entrée. Ne serait-ce pas une aubaine pour les jeunes agriculteurs désireux de se lancer dans une culture pérenne en RDC ?
Cependant, des défis demeurent. La formation des producteurs, l’accès aux intrants de qualité et la mise en place de circuits de commercialisation solides sont des prérequis pour que cette initiative ne reste pas un simple projet pilote. Le ministère promet un accompagnement technique, mais sa concrétisation sur le terrain sera déterminante. La réussite de cette filière dépendra aussi de la capacité des autorités à coordonner les efforts avec les provinces productrices, comme le Nord-Kivu, où le macadamia fait déjà ses preuves.
En définitive, l’implantation des pépinières de macadamia à Maluku est bien plus qu’un simple geste symbolique. C’est un signal fort envoyé aux investisseurs et aux agriculteurs congolais : l’agriculture Kinshasa et nationale se modernise et se tourne vers des cultures à haute valeur ajoutée. Avec le leadership de Muhindo Nzangi, la RDC pose les jalons d’une agriculture compétitive, orientée vers les marchés internationaux. Reste à transformer cette ambition en réalité palpable sur le terrain.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
