Le quartier Kimpwanza, dans la commune de Lemba à Kinshasa, est devenu le théâtre d’une insécurité grandissante. Depuis plusieurs semaines, des bandits armés y multiplient les incursions nocturnes. Machettes et barres de fer sont leurs armes de prédilection. Les habitants vivent dans la terreur constante.
Les témoignages recueillis ce mercredi 22 avril sont unanimes. La peur règne dans les avenues Sansikine, Semiliki, Moba, Simunambi, Samu, Botuka, Kwilu et Lombi. Ces artères, situées en frontière avec la commune de Ngaba, sont particulièrement ciblées. Selon Alain Basila, proche d’une victime, les assaillants viennent presque chaque nuit. « Ils emportent tout sur leur passage, raconte-t-il. Nous n’en pouvons plus ; l’insécurité a atteint un niveau insupportable. »
Dans la nuit du 20 avril, un nouveau cambriolage a été signalé sur l’avenue Semiliki. Une famille a été dépouillée de ses biens et d’une somme d’argent importante. Ce n’est pas un cas isolé. Deux jours plus tôt, les bandits avaient déjà tenté un coup, sans succès. Mais cette fois, ils ont réussi à voler une moto. Comment expliquer une telle recrudescence de l’insécurité à Kinshasa ? Les questions restent sans réponse.
Les bandits armés opèrent à la tombée de la nuit. Ils sillonnent les avenues, forcent les portes des habitations et dérobent tout ce qui a de la valeur. Les habitants décrivent une méthode bien rodée. « Ils viennent en groupe, parfois jusqu’à dix individus, munis de machettes. Ils n’hésitent pas à menacer les familles », témoigne une résidente de l’avenue Moba. L’insécurité Kinshasa semble s’enraciner dans ce secteur de Lemba.
Face à cette situation critique, les populations locales appellent à un renforcement urgent des mesures de sécurité. Elles plaident notamment pour l’installation de sous-commissariats de la Police nationale congolaise, dotés d’effectifs suffisants pour intervenir rapidement. Un projet communautaire visant à construire un poste de police sur l’avenue Sansikine, financé par les habitants eux-mêmes, aurait été détourné de sa vocation initiale. Il abrite désormais le bureau de quartier, accentuant le sentiment d’abandon au sein de la population.
Ce détournement est vécu comme une trahison. « Nous avons cotisé pour notre sécurité, mais on nous a pris notre argent. Maintenant, nous sommes livrés à nous-mêmes », déplore un habitant. Les bandits armés en profitent. Chaque nuit, des cambriolages sont signalés. Les rues de Kimpwanza sont devenues dangereuses après le coucher du soleil.
Sur le plan national, cette recrudescence de l’insécurité à Kinshasa alimente un vif débat politique. À l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, l’examen d’une motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a été reporté. Le bureau évoque la nécessité de vérifier l’authenticité des signatures des députés. Pendant ce temps, à Kimpwanza, les habitants attendent des réponses concrètes.
L’inaction des autorités est critiquée. Comment se fait-il que des bandits armés puissent opérer en toute impunité dans une zone résidentielle de la capitale ? Les habitants de Lemba exigent des patrouilles nocturnes et une présence policière dissuasive. L’insécurité Kinshasa ne peut pas devenir une normalité.
Dans l’intervalle, les résidents de Kimpwanza s’organisent tant bien que mal. Certains montent la garde à tour de rôle, d’autres renforcent leurs portes et fenêtres. Mais face à des bandits déterminés, ces mesures semblent dérisoires. La psychose s’installe. Les enfants ont peur de sortir la nuit. Les commerçants hésitent à ouvrir tard.
Une question demeure : jusqu’à quand les populations devront-elles subir ces cambriolages répétés ? Le quartier Kimpwanza, dans la commune de Lemba, est devenu le symbole de l’insécurité qui gangrène Kinshasa. Les bandits armés continuent de semer la terreur. Les autorités sont attendues de toute urgence.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
