« Maintenant, je sais comment me défendre face aux discriminations au travail », confie une participante, les yeux brillants d’espoir. Comme elle, plus de 200 femmes viennent de clore une formation intensive sur le syndicalisme à Kinshasa. Vendredi 17 avril, ces femmes, venues de divers horizons professionnels, ont achevé quatre jours de sessions consacrées aux fondamentaux du syndicalisme, à l’éthique et à la déontologie de la femme syndicaliste. Une initiative du Syndicat national des techniciens en développement et travailleurs du Congo (SYNATEDERCO), qui vise à armer ces participantes pour qu’elles jouent pleinement leur rôle dans la société congolaise.
Cette formation, animée par le Groupe d’appui et d’accompagnement pour le développement durable, a permis d’outiller ces femmes sur leurs droits et devoirs. Dans un contexte où les inégalités de genre persistent, surtout dans le milieu professionnel, cette session arrive à point nommé. Le président et porte-parole du SYNATEDERCO, Bienvenu Mulenda, n’a pas caché sa satisfaction : « Le quotidien des femmes continue à être violé. C’est pourquoi, nous avons trouvé que les femmes méritent respect, dignité et méritent d’être sécurisées non seulement le 8 mars mais toute l’année. »
La coordonnatrice de la cellule féminine du mouvement syndical, Bénédicte Muluba, a, quant à elle, lancé un appel pressant à l’État : « On a besoin de la parité. On constate que quand on nomme dans l’administration publique, les femmes ne sont pas majoritaires. On peut nommer dix directeurs, on va trouver deux femmes. Et quand on nomme vingt chefs de division, on va avoir trois femmes. » Un constat amer qui reflète la réalité de la parité administration publique Congo, où les femmes restent sous-représentées aux postes de décision.
Cette formation sur les droits femmes syndicalistes RDC s’inscrit dans le cadre de la promotion et de la défense des droits des femmes en RDC. Organisée plus de deux semaines après la clôture officielle du mois de mars, dédié à la femme, elle prouve que la lutte pour l’égalité doit être quotidienne. Le thème, « Femmes utiles : droits, justice et action pour toutes les femmes et les filles dans le milieu professionnel, perspective syndicale », résume bien l’ambition : passer des mots aux actes.
Mais au-delà des discours, quels sont les défis concrets ? Dans un pays où le taux de participation des femmes à la vie publique reste faible, comment garantir que ces formations se traduisent par des changements tangibles ? Les participantes ont été formées à l’éthique femme syndicaliste, un aspect crucial pour agir avec intégrité dans leurs revendications. Cependant, la route est longue. Les stéréotypes, les résistances culturelles et les barrières institutionnelles persistent.
Pourtant, des initiatives comme cette formation femmes syndicalisme Kinshasa sont essentielles. Elles fournissent non seulement des connaissances, mais aussi un réseau de solidarité. Les femmes syndicalistes peuvent désormais s’appuyer sur une communauté pour porter leurs voix. Le SYNATEDERCO formation montre l’engagement de la société civile à accompagner les femmes dans leur émancipation professionnelle.
En conclusion, cette formation est plus qu’un simple événement ; c’est un signal fort envoyé aux autorités et à la société toute entière. Les femmes congolaises sont prêtes à prendre leur place dans les syndicats et dans l’administration. À quand une véritable parité dans les nominations ? À quand la fin des discriminations ? Les réponses dépendent de la volonté politique et de la mobilisation continue. En attendant, ces 200 femmes retournent sur le terrain, armées de nouveaux outils, pour faire avancer la cause de toutes.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
