Le territoire de Mwenga, dans la province du Sud-Kivu, est le théâtre de violences inquiétantes. Des groupes armés, initialement formés pour appuyer les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), sont aujourd’hui accusés de se livrer à des exactions contre les populations civiles. Extorsions, pillages, assassinats : la liste des abus s’allonge, selon la société civile locale. Comment en est-on arrivé là ? Les Wazalendo, censés être des alliés dans la lutte contre les groupes armés étrangers, seraient-ils devenus une menace pour ceux qu’ils devaient protéger ? La sécurité Sud-Kivu est gravement compromise.
Plusieurs cas récents ont été documentés par le Cadre de concertation de la société civile de Mwenga. Le 3 mars 2026, un infirmier répondant au nom de Bwato Mulungula a été dépouillé de tous ses biens à Musika. Aucune raison n’a été invoquée pour justifier ce vol caractérisé. Le lendemain, 4 mars, Patient Lunanga, ancien comptable de la chefferie de Basile, a subi le même sort à Kalende. Des sommes s’élevant à trois millions de francs congolais et cinq cents dollars américains lui ont été arrachées, ainsi que d’autres biens de valeur. Ces extorsions Sud-Kivu ne sont malheureusement pas isolées et illustrent une dérive alarmante des groupes armés RDC.
La violence a pris une tournure encore plus sombre avec des assassinats Mwenga. Le 12 mars, un jeune homme de 30 ans, Dodos Ngama, a été fusillé à Ilinda par un élément présumé des VDP-RAD Wazalendo. Le 13 mars, Mukaba Masilia Ndebo, âgé de 56 ans, a connu le même destin à Kibumba. Les circonstances exactes de ces exécutions restent floues, mais elles soulèvent des questions cruciales sur le contrôle de ces groupes armés RDC. Qui supervise ces Wazalendo Mwenga ? Pourquoi ces actes restent-ils impunis ?
Face à cette situation, la société civile forces vives du territoire de Mwenga a lancé un appel citoyen à la protection des civils et de leurs biens. Lungele Itebo, président du Cadre de concertation, insiste sur la nécessité de documenter ces abus imputés à des pseudo Wazalendo. « Ces groupes se sont écartés de leur mission initiale », affirme-t-il. Leur rôle était d’appuyer les FARDC contre les groupes armés étrangers, non de terroriser la population locale. L’appel est clair : les autorités militaires doivent intervenir sans délai.
La demande est de traquer les auteurs d’abus, comme cela a été fait récemment dans le territoire voisin de Shabunda. Là-bas, une opération des FARDC a permis l’arrestation du chef de guerre Sisawa et de plusieurs autres présumés responsables d’atrocités. Selon le commandant de secteur, ces individus ont été transférés à Kindu pour la suite de la procédure. Un exemple qui devrait être suivi à Mwenga pour rétablir la sécurité Sud-Kivu. Les FARDC parviendront-elles à reproduire cette réussite et à mettre fin aux exactions des Wazalendo Mwenga ?
La sécurité dans le Sud-Kivu reste précaire. Les groupes armés, qu’ils soient étrangers ou locaux, continuent de semer la terreur. Les Wazalendo Mwenga, autrefois perçus comme des défenseurs, sont désormais pointés du doigt. La population, prise entre deux feux, attend des actions concrètes. Les assassinats Mwenga et les extorsions Sud-Kivu doivent cesser. Les FARDC ont-elles les moyens de ramener l’ordre ? L’urgence est de mise, car chaque jour perdu peut coûter des vies innocentes.
Les événements récents à Mwenga rappellent la complexité du paysage sécuritaire en RDC. La lutte contre les groupes armés ne doit pas se faire au détriment des droits des populations. Il est impératif que tous les acteurs, y compris les Wazalendo, respectent le droit international humanitaire. La surveillance et la reddition des comptes sont essentielles pour éviter que de tels abus ne se reproduisent. La route vers la paix et la stabilité est longue, mais elle passe par la justice et la protection des plus vulnérables. Le sort des civils de Mwenga dépendra de la réponse rapide et efficace des autorités.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
