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Sanctions américaines RDC : Mukwege réagit, le Nord-Kivu sous tension

Les sanctions américaines visant l’armée rwandaise, annoncées ce lundi, ont suscité une réaction immédiate et nuancée du prix Nobel de la paix congolais, Denis Mukwege. Le docteur a qualifié ces mesures de « nécessaires mais non suffisantes » dans la lutte contre l’agression dont serait victime la République démocratique du Congo. Il a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour un isolement plus complet de Kigali, allant au-delà des sanctions unilatérales.

Le gynécologue de renommée mondiale a plaidé pour une action collective et coordonnée des partenaires de la RDC. Son plaidoyer exige un respect strict de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui stipule un cessez-le-feu immédiat et un retrait inconditionnel des troupes rwandaises du sol congolais. Il demande également la fin du soutien au groupe rebelle M23 et le démantèlement des administrations parallèles installées dans les zones occupées. Ces sanctions américaines en RDC représentent-elles un tournant décisif ou une simple formalité diplomatique ?

Parallèlement à ces développements diplomatiques, la situation sécuritaire sur le terrain dans la province du Nord-Kivu continue de se dégrader. Le conflit Nord-Kivu M23 connaît une recrudescence inquiétante. Après trois jours d’affrontements intenses, les combattants de l’AFC/M23 ont repris le contrôle total de la localité de Kibati, dans le territoire de Walikale. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les groupes d’autodéfense locaux, les wazalendo, ont dû se replier vers Miba et Mungazi, laissant la population civile dans un état de vulnérabilité extrême.

L’axe de circulation Mungazi-Kashebere est désormais totalement coupé, bloquant voyageurs et marchandises. Plus au nord, dans le Masisi, le village stratégique de Kazinga est également retombé sous le contrôle des rebelles ce mardi après-midi, suite à une offensive menée depuis les axes Ndete et Kasopo. Cette prise consolide un triangle stratégique reliant Buhimba, Katoy et Kazinga, offrant aux rebelles une capacité de projection accrue vers les groupements voisins. Face à cette avancée, des mouvements de panique ont été enregistrés dans les villages de Kailenge, Mikweti et Luhando, provoquant un nouvel exode de civils.

La peur et l’insécurité règnent en maître, forçant les écoles à fermer leurs portes et paralysant toute activité économique. L’afflux de déplacés exerce une pression insoutenable sur les ressources déjà maigres des communautés d’accueil en matière de nourriture, d’abri et de soins de santé. À Muheto, une reprise timide des activités a été observée mardi après une journée de paralysie totale due à des incursions de wazalendo, mais l’angoisse reste palpable parmi les habitants.

Dans une autre région du pays, le parc national de l’Upemba, dans le Haut-Katanga, a été le théâtre d’une violente attaque dans la nuit de lundi à mardi. Des assaillants présumés être des combattants Mai-Mai ont pris d’assaut le siège administratif du parc à Lusinga. Cette attaque parc Upemba a fait au moins quatre morts parmi les éco-gardes et le personnel expatrié présent sur les lieux. L’identité exacte des victimes et les motivations de cette incursion restent à déterminer, mais cet événement souligne la précarité sécuritaire qui touche même les zones protégées.

Sur le front diplomatique, Kinshasa a officialisé une candidature de poids pour incarner l’avenir de la Francophonie. Le ministre délégué à la Francophonie, Crispin Mbadu Phanzu, a présenté la candidate Juliana Amato Lumumba. Ancienne ministre de la Culture et secrétaire générale de l’Union des Chambres de Commerce africaines, elle incarne, selon les autorités congolaises, le dynamisme et le poids démographique de la RDC, premier pays francophone du monde. La candidature Juliana Amato Lumumba Francophonie se positionne comme un plaidoyer pour un recentrage de l’organisation sur ses valeurs fondamentales : la démocratie, la paix et les droits humains.

Cette candidature s’annonce comme un face-à-face avec la secrétaire générale sortante, soutenue par le Rwanda. Le prochain sommet, prévu dans six mois au Cambodge, sera donc l’occasion d’une bataille d’influence cruciale. Le président Félix Tshisekedi en a discuté avec son homologue français Emmanuel Macron, mais Paris n’a pas encore arrêté sa position officielle. Cette élection sera-t-elle influencée par les tensions régionales et les récentes sanctions ?

Alors que les déclarations se multiplient dans les capitales, la réalité quotidienne des Congolais du Nord-Kivu reste marquée par la fuite, la précarité et la violence. Les mots de Denis Mukwege résonnent comme un avertissement : les sanctions, si elles sont un signal fort, ne suffiront pas à elles seules à rétablir la paix. Une pression internationale soutenue et multiforme, couplée à une résolution politique inclusive, semble plus que jamais nécessaire pour mettre un terme à un cycle de conflit qui dure depuis trop longtemps.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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