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Juliana Amato Lumumba, candidature de la RDC pour la tête de la Francophonie

La République démocratique du Congo (RDC) place un nouveau jeton sur l’échiquier diplomatique francophone. Kinshasa a officiellement présenté la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Fille du premier ministre de l’indépendance, Patrice Emery Lumumba, elle incarne un mélange d’héritage historique, d’expérience politique et d’engagement culturel, atouts que la RDC entend valoriser pour peser dans l’espace francophone.

Cette candidature OIF RDC, annoncée sans tambour ni trompette mais avec une conviction certaine, intervient à un moment où l’institution cherche à se réinventer face aux défis du multilatéralisme et de la transformation numérique. En proposant Juliana Amato Lumumba, le gouvernement congolais mise sur un symbole fort : celui d’une filiation directe avec l’une des figures les plus emblématiques de la lutte pour la souveraineté africaine. Cet héritage Patrice Lumumba, souvent invoqué comme un gage d’authenticité et de panafricanisme, pourrait-il constituer une clé pour séduire les 88 États et gouvernements membres ?

Née en janvier 1955, quelques mois avant l’accession du Congo à l’indépendance, Juliana Lumumba a grandi entre l’Égypte et l’Europe, forgeant très tôt une sensibilité aux enjeux internationaux et une maîtrise des codes multiculturels. Son parcours académique, orienté vers les sciences politiques et les relations internationales, a naturellement nourri un intérêt pour la place de l’Afrique dans les arènes globales. Cette formation lui a permis de développer une vision articulant mémoire historique et ambitions contemporaines pour le continent.

Son entrée sur la scène politique nationale s’est concrétisée par son passage au gouvernement en tant que ministre de la Culture et des Arts, de 1998 à 2001. Dans un contexte politique congolais marqué par de vives tensions, elle a tenté de positionner la culture comme un ciment national et un outil de rayonnement. Cette expérience gouvernementale constitue le socle pratique de ce que l’on pourrait appeler sa « diplomatie culturelle Congo », une approche qu’elle n’a cessé de défendre par la suite sur diverses plateformes internationales.

Depuis la fin de son mandat ministériel, Juliana Amato Lumumba s’est imposée comme une conférencière et une intellectuelle active, intervenant régulièrement sur des sujets liés au développement africain, à l’entrepreneuriat et au dialogue interculturel. Elle prône une Francophonie qui ne soit pas seulement un espace linguistique, mais aussi une communauté de valeurs et d’actions concrètes, capable de répondre aux aspirations d’une jeunesse africaine en quête d’opportunités et de reconnaissance.

Mais quelles sont les véritables motivations de Kinshasa derrière cette proposition ? Au-delà du symbole, les autorités congolaises semblent vouloir affirmer un leadership renouvelé au sein de l’OIF. En soutenant une candidature qui combine légitimité historique et expertise thématique, la RDC aspire à jouer un rôle central dans la redéfinition des priorités de la Francophonie. Les défis sont nombreux : renforcer la coopération Sud-Sud, intégrer le numérique dans les politiques éducatives, et faire de la diversité culturelle un levier de développement économique. La vision portée par Juliana Lumumba, centrée sur l’inclusion et l’innovation, correspond à cette ambition.

La route vers le poste de Secrétaire générale Francophonie sera néanmoins semée d’embûches. La compétition est traditionnellement féroce pour ce poste, avec des candidats venant de différents continents. Le succès dépendra de la capacité de la diplomatie congolaise à construire des alliances solides et à convaincre que le profil de Juliana Amato Lumumba est le plus à même d’incarner l’avenir de l’organisation. Son discours, qui lie héritage et modernité, pourrait trouver un écho favorable auprès des États membres désireux d’une institution plus dynamique et plus proche des réalités du terrain.

En définitive, cette candidature dépasse la simple nomination. Elle reflète une volonté de la RDC de se repositionner comme un acteur diplomatique majeur, utilisant sa riche histoire et son capital culturel comme monnaie d’échange. Que l’on considère cette démarche comme un hommage à un héritage ou comme un calcul politique avisé, elle place incontestablement Juliana Amato Lumumba sous les projecteurs d’une campagne internationale où chaque parole et chaque engagement seront scrutés. L’issue de ce processus dira beaucoup sur l’influence réelle de Kinshasa et sur la direction que l’espace francophone entend prendre dans les années à venir.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net

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