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Kalonge-Bunyakiri : reprise timide du trafic après l’enfer des combats

La circulation reprend progressivement, mais dans une atmosphère de profonde méfiance, sur l’axe stratégique reliant Kalonge à Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe, province du Sud-Kivu. Après près de trois mois de paralysie totale, les premiers véhicules et motocyclettes ont timidement recommencé à s’aventurer sur cette route vitale. Cette suspension forcée du trafic était une conséquence directe des violents affrontements qui ont opposé les rebelles de l’Alliance des Forces Congolaises (AFC), communément appelés M23, aux miliciens d’autodéfense communautaire, les « wazalendo ».

La route, autrefois artère commerciale essentielle, s’était transformée en zone de non-droit et en champ de bataille. Les échanges de tirs, les embuscades et les mouvements imprévisibles des groupes armés avaient rendu tout déplacement extrêmement périlleux, isolant des milliers de civils. Aujourd’hui, la reprise est fragile et observée avec prudence par les habitants et les autorités locales. Cette situation sécuritaire à Kalehe demeure sous haute surveillance.

« Des motos et des bus font déjà des allers-retours, mais la prudence reste de mise. La situation était déjà catastrophique à Kalonge et Bunyakiri pendant ces mois de blocus », témoigne Yoweli Nyaburungu, un acteur de la société civile basé à Kalonge. Son propos reflète un soulagement teinté d’anxiété. La communauté, bien que reconnaissante de cette accalmie relative, garde en mémoire les traumatismes récents et craint une recrudescence des hostilités.

L’importance de cet axe dépasse largement les localités qu’il relie directement. Point nodal dans la géographie du Sud-Kivu, la route partant de Kalonge constitue en effet un maillon indispensable pour le désenclavement de régions entières. Elle ouvre la voie vers les territoires voisins de Kabare et de Shabunda via la localité de Nindja. La suspension du trafic sur l’axe Kalonge-Bunyakiri a donc eu des répercussions économiques et humanitaires en cascade, affectant l’approvisionnement en denrées de base, l’accès aux soins de santé et les échanges commerciaux sur une vaste zone. Comment les populations affectées ont-elles survécu pendant ces longs mois d’isolement ?

La reprise actuelle, aussi timide soit-elle, soulève plusieurs questions cruciales. Est-elle le signe d’un désengagement tactique des belligérants ou simplement une trêve temporaire ? Les forces de sécurité de l’État sont-elles en mesure d’assurer durablement la protection des usagers et des riverains ? La présence des miliciens wazalendo, bien que vue par certains comme une défense nécessaire contre l’avancée des rebelles, complique également le tableau sécuritaire et entretient un climat de violence latente.

Pour les commerçants et les transporteurs, le calcul des risques reste omniprésent. Le coût du fret a explosé pendant la crise, et les prix des produits de première nécessité avaient atteint des sommets inaccessibles pour de nombreuses familles. La normalisation progressive du trafic sur l’axe Kalonge-Bunyakiri est donc une lueur d’espoir pour relancer une économie locale exsangue. Cependant, la confiance ne se reconstruira pas en un jour. Les cicatrices de la peur et de la précarité sont profondes.

Les affrontements récurrents entre l’AFC/M23 et les groupes d’autodéfense illustrent la complexité de la crise sécuritaire qui mine l’est de la République Démocratique du Congo. Ils mettent en lumière la vulnérabilité des civils, pris en étau entre différentes forces armées, et l’impact dévastateur de ces conflits sur la vie quotidienne et la libre circulation. La sécurisation des axes de communication comme celui de Kalonge vers Bunyakiri est un préalable absolu à toute stabilisation et à tout développement dans la région. Sans sécurité, peut-il y avoir un avenir pacifique ?

La vigilance reste donc de rigueur. Si les motos et quelques véhicules osent à nouveau parcourir la route, la paix durable sur cet axe stratégique est loin d’être acquise. La communauté internationale et les autorités congolaises sont appelées à redoubler d’efforts pour consolider cette accalmie et transformer cette reprise timide du trafic en une normalisation définitive, garante de la sécurité des populations et de la relance économique de tout le territoire de Kalehe et au-delà.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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