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Incendie à Limete : un dépôt de carburant illégal ravage des habitations en tôle

Les flammes orangées ont encore frappé ce lundi 2 février 2026, dans la commune de Limete, dévorant un grand dépôt de carburant sur la 7ème rue industriel, non loin de l’Onatra. Une scène de chaos et de désolation qui n’est malheureusement plus une surprise pour les Kinois. Les images de la fournaise, visibles de loin dans la nuit tombante, ont réveillé l’angoisse dans le cœur des riverains. Comment une telle tragédie peut-elle se répéter, avec cette régularité macabre, aux portes mêmes des habitations ?

Le tableau sur place est amer, révélateur d’une négligence systémique. Le dépôt, entièrement consumé, était cerné par des maisons précaires construites en tôle. Selon les premiers constats, près de 70% de ces habitations ont été réduites en cendres par le feu vorace, tandis que d’autres bâtiments en briques ont également été touchés. Le miracle, si l’on peut dire, est qu’aucune perte en vies humaines n’est à déplorer cette fois-ci. Mais derrière ce « miracle » se cache une réalité bien plus sombre : un mépris total des règles les plus élémentaires de sécurité.

La règle est pourtant claire comme de l’eau de roche : une station ou un dépôt de carburant ne peut pas être implanté à quelques mètres des habitations. Une logique de bon sens, piétinée avec une constance déconcertante en République démocratique du Congo, et particulièrement dans sa capitale tentaculaire, Kinshasa. Les normes urbanisme Kinshasa semblent n’exister que sur le papier, laissant se développer un risque incendie habitations tôle à chaque coin de rue. Ce non-respect chronique des règles transforme des quartiers entiers en véritables poudrières, où la vie des habitants ne tient qu’à un fil.

Les informations recueillies sur les lieux de l’incendie dépôt carburant Kinshasa pointent du doigt des pratiques illégales. Ce dépôt ne serait tout simplement pas en règle et serait impliqué dans le trafic du stockage et de la vente de carburants provenant de Lufu. Une économie parallèle qui prospère au mépris de la vie des gens. Face à cette situation, que font les autorités ? Les contrôles semblent aussi rares que l’eau dans le désert, laissant le champ libre à des installations qui mettent en péril des communautés entières.

La tragédie de Limete met aussi en lumière la déliquescence criante d’un service essentiel : celui des sapeurs-pompiers. L’alerte a été donnée vers 18h, mais les véhicules anti-incendie sont arrivés sur place après plus d’une heure de course contre la montre. Une heure pendant laquelle le feu a eu tout le loisir de se propager et d’emporter des biens précieux. L’arrivée des secours, avec seulement trois véhicules, n’a pas mis fin au calvaire. La pompiers réactivité Limete a été entravée par des équipements défaillants, notamment des tuyaux percés à plusieurs endroits, limitant drastiquement la puissance des lances à eau. Ils n’ont pas pu maîtriser l’ensemble du sinistre. Une honte pour un service censé être la dernière ligne de défense contre les flammes. Où sont passés les moyens, la formation et la préparation ?

Cette situation n’appelle pas à de nouveaux discours creux ou à des mesures fallacieuses, comme on a pu en entendre après l’incendie meurtrier d’un dépôt vers Debonhomme. Elle exige des actes. Une sécurité des stations-service RDC digne de ce nom ne se décrète pas, elle se construit par une rigueur et une énergie équivalente à celle déployée, par exemple, dans le contrôle des documents routiers. Il est urgent de passer à l’action concrète : réviser de fond en comble l’implantation de toutes les stations-service, interdire toute construction d’habitations à proximité des dépôts de carburants existants, et surtout, doter les services de secours des moyens humains et matériels nécessaires pour intervenir efficacement et rapidement.

Combien de drames faudra-t-il encore pour que les leçons soient enfin tirées ? Les familles de Limete, aujourd’hui sans toit, attendent des réponses qui vont au-delà de la simple compassion. Elles attendent un engagement ferme et durable pour que leur sécurité et celle de tous les Kinois ne soit plus jamais mise en balance avec des intérêts économiques opaques et une gestion urbaine anarchique. L’heure n’est plus aux constats, mais à la responsabilité.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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