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Paix dans l’Est de la RDC : l’Union africaine dévoile son dispositif de médiation dirigé par Gnassingbé

L’architecture de la médiation africaine pour tenter d’éteindre le feu qui consume l’est de la République Démocratique du Congo a été précisée. Ce cadre, élaboré lors d’une réunion de haut niveau à Lomé les 16 et 17 janvier, vise à instaurer une cohérence et une consolidation des efforts de paix, une nécessité criante après des décennies de conflits cycliques.

Le schéma place l’ensemble du processus sous l’autorité du président togolais, Faure Gnassingbé, désigné médiateur principal par l’Union africaine. Sa tâche est colossale : orchestrer une réponse coordonnée à une crise multidimensionnelle. Pour l’épauler, une équipe de soutien togolaise, puisant ses ressources au sein du ministère des Affaires étrangères et de la présidence, sera mobilisée. Mais la véritable innovation réside dans la délégation thématique confiée à cinq figures africaines de premier plan, toutes anciens chefs d’État.

Cette répartition par mandat spécifique cherche à adresser les racines profondes du conflit dans les Kivus. L’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, un militaire aguerri, sera en charge du dossier épineux des questions militaires et de sécurité. Son expérience sera cruciale pour désamorcer les tensions entre armées régulières et les nombreux groupes armés. En parallèle, l’ancienne présidente éthiopienne, Sahle-Work Zewde, apportera son attention aux conséquences humaines du chaos, en supervisant les questions humanitaires, alors que des millions de déplacés vivent dans des conditions précaires.

Le dialogue direct, pierre angulaire de toute paix durable, est confié à l’ancien président kényan, Uhuru Kenyatta. Sa connaissance de la région et son implication passée dans les pourparlers lui donnent une légitimité pour engager les discussions avec les groupes armés locaux, dont les motivations oscillent entre revendications communautaires, ambitions politiques et simple brigandage. Peut-on réellement ramener à la table des négociations des acteurs aussi divers et fragmentés ?

Les dimensions économiques et sociétales ne sont pas oubliées. L’ancien président botswanais, Mokgweetsi Masisi, aura la lourde charge de superviser la coopération économique régionale, un élément clé pour tarir les financements des conflits souvent liés à l’exploitation illégale des ressources. Enfin, l’ancienne présidente centrafricaine, Catherine Samba-Panza, apportera son expertise des transitions difficiles en prenant en charge le volet société civile, réconciliation et questions liées aux femmes, premières victimes des violences.

Pour soutenir cette médiation de haut vol, un Secrétariat conjoint indépendant est prévu. Cette structure associera le Togo, l’Union africaine, mais aussi les blocs régionaux directement concernés : la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Cette inclusion est essentielle pour garantir que les décisions soient ancrées dans les réalités du terrain et bénéficient d’une adhésion large.

En coulisses, la Commission de l’Union africaine jouera le rôle de pivot avec les partenaires internationaux incontournables. La coordination avec les Nations unies, dont la mission MONUSCO est toujours déployée, l’Union européenne, le Qatar, et les membres permanents du Conseil de sécurité (P5) sera vitale pour aligner les pressions diplomatiques et les soutiens financiers. Cette approche multidimensionnelle et hiérarchisée marque-t-elle un tournant décisif dans la recherche de la paix ?

Le processus de paix pour l’est du Congo entre ainsi dans une phase nouvelle, plus structurée. La clé du succès résidera dans la capacité de ce dispositif à traduire les déclarations d’intention en actions concrètes sur le terrain. La crédibilité des co-facilitateurs, leur indépendance perçue et leur capacité à créer un dialogue inclusif seront scrutées à la loupe par une population congolaise lasse des promesses non tenues. La médiation de l’Union africaine, avec Faure Gnassingbé comme médiateur et cette équipe de co-facilitateurs, dispose désormais d’une feuille de route claire. Son efficacité à imposer un cessez-le-feu durable et à engager des réformes politiques profondes déterminera l’avenir de toute la région des Grands Lacs.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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