Dans une démarche visant à affirmer son leadership sur la scène régionale, la République Démocratique du Congo a formalisé, ce vendredi, sa candidature à plusieurs postes stratégiques au sein de la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC). Cette annonce, faite par le ministère de l’Intégration régionale, intervient en marge de la réunion du Conseil des ministres de l’organisation à Malabo, en Guinée équatoriale. Le ministre congolais Floribert Anzuluni est chargé de porter et de défendre ces ambitions devant ses pairs.
Les postes convoités par Kinshasa couvrent des secteurs essentiels au développement et à la stabilité de la sous-région : l’environnement, les affaires économiques et financières, les infrastructures, les affaires politiques et la sécurité, sans oublier la promotion du genre et les affaires juridiques. Cette diversité de domaines illustre la volonté de la RDC de ne pas être un acteur marginal, mais un participant à part entière dans la construction de l’avenir de l’Afrique centrale. Cette intégration régionale active est-elle la clé pour résoudre les défis transfrontaliers auxquels fait face le continent ?
Cette initiative s’inscrit résolument dans le cadre de la politique de diplomatie agissante du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Après des années où son influence diplomatique semblait en retrait, la RDC cherche aujourd’hui à repositionner son immense potentiel démographique, économique et géostratégique au cœur des instances décisionnelles. La CEEAC, en tant qu’organisation pivot pour la coopération en Afrique centrale, constitue un terrain d’expression privilégié pour cette nouvelle ambition. La présence du ministre Floribert Anzuluni à Malabo n’est donc pas anodine ; elle symbolise cette offensive diplomatique concrète.
Le contexte géopolitique régional, marqué par des enjeux de sécurité complexes et une coopération économique parfois fragmentée, donne une acuité particulière à cette candidature. En aspirant à des postes liés à la sécurité et aux affaires politiques, la RDC, pays en proie à des conflits à l’Est, exprime sa volonté de contribuer aux solutions régionales. Parallèlement, en visant les portefeuilles économiques et des infrastructures, elle promeut sa vision d’une intégration par le développement et les interconnexions, essentielles pour dynamiser les échanges commerciaux.
Quelles pourraient être les réactions des autres États membres ? Si la candidature d’un pays aussi central que la RDC est logique sur le papier, elle devra probablement composer avec les équilibres et les rivalités traditionnelles au sein de la CEEAC. Le succès de cette démarche dépendra de la capacité de Kinshasa à convaincre de son apport positif et neutre pour l’ensemble de la communauté. Cette candidature RDC CEEAC sert-elle avant tout des intérêts nationaux ou constitue-t-elle une réelle opportunité pour renforcer la cohésion régionale ? Seul le processus de nomination et les mois à venir apporteront une réponse.
Au-delà des postes, l’enjeu est symbolique. Une présence accrue et influente au sein de la Commission de la CEEAC permettrait à la RDC de mieux défendre ses priorités, d’orienter les agendas communs et de peser sur des dossiers cruciaux comme la gestion des ressources naturelles ou la libre circulation. Cette stratégie, si elle aboutit, marquerait une étape significative dans la réaffirmation de la RDC comme un pivot incontournable en Afrique centrale. La route est encore longue, mais la première pierre d’une diplomatie agissante plus structurée est posée.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
