Le centre de santé de Kalonge, dans la province du Sud-Kivu, sonne l’alarme : une flambée inquiétante de cas de malnutrition sévère frappe les enfants de moins de cinq ans. Selon des sources médicales locales, la structure enregistre désormais une moyenne de plus de 70 petits patients chaque mois, un chiffre qui ne tient même pas compte des autres centres de santé dispersés dans la zone. Cette situation décrit une urgence nutritionnelle Kalonge d’une ampleur critique, révélatrice d’une crise humanitaire Kahuzi Biega plus large.
Mais que se cache-t-il derrière ces chiffres glaçants ? La malnutrition infantile RDC, lorsqu’elle atteint le stade sévère, n’est pas une simple faim passagère. Elle corrode le développement de l’enfant, le privant des nutriments essentiels à la croissance de son corps et de son cerveau. « Les structures sanitaires locales manquent cruellement de médicaments et d’aliments thérapeutiques pour répondre à cette urgence », explique Yoweli Nyabirugu, acteur de la société civile à Kalonge. Conséquence directe : « une dégradation rapide de l’état de santé des enfants malnutris, [et] une multiplication des complications médicales liées à l’affaiblissement du système immunitaire ».
Imaginez un organisme déjà fragilisé par le manque de nourriture, devenant une porte ouverte aux infections. Les diarrhées, les pneumonies et autres maladies opportunistes trouvent un terrain propice, transformant un problème nutritionnel en un drame médical complexe. Les femmes enceintes sont tout aussi vulnérables, leur santé et celle de leur futur enfant étant directement menacées par cette carence généralisée. Pourtant, l’accès à une prise en charge adaptée reste un mirage pour une grande partie de la population.
La géographie et l’insécurité aggravent dramatiquement le tableau. Kalonge est un village situé en plein cœur du Parc National de Kahuzi Biega, aujourd’hui totalement enclavé en raison des affrontements entre les groupes armés. Cet isolement forcé coupe les communautés de l’approvisionnement en denrées alimentaires, en médicaments et bloque l’arrivée de l’aide alimentaire RDC. Les humanitaires peinent à accéder à la zone, laissant les prestataires de santé locaux seuls face à une catastrophe annoncée, sans moyens pour y faire face.
Face à cette spirale infernale, les appels à l’aide se multiplient. « Nous appelons les autorités sanitaires, les partenaires humanitaires et les ONG à une mobilisation immédiate pour sauver les vies en danger », plaide avec insistance Yoweli Nyabirungu. Le message est clair : il faut une réponse coordonnée et rapide. Une intervention d’urgence doit combiner la distribution d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi – ces pâtes nutritives salvatrices –, de suppléments vitaminiques et la prise en charge médicale des complications. Mais cette réponse technique ne peut être efficace que si un couloir humanitaire sécurisé est établi pour atteindre les enfants malnutris Sud-Kivu et leurs familles.
Que peut-on retenir de cette situation ? La malnutrition infantile RDC à Kalonge n’est pas une fatalité, mais le symptôme d’un accès bloqué à la nourriture et aux soins. Chaque jour de retard dans l’assurance d’un accès humanitaire et dans la livraison d’une aide alimentaire RDC ciblée coûte des vies. La communauté internationale et les autorités nationales peuvent-elles se permettre d’attendre alors que des dizaines d’enfants dépérissent chaque mois dans l’indifférence relative d’un conflit oublié ? La balle est désormais dans le camp des décideurs. La prévention de décès évitables passe par une action ferme et immédiate pour briser l’isolement de Kalonge et apporter les secours qui sauveront une génération entière.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
