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Choléra au Sud-Kivu : 73 cas et 13 décès signalés à Minova

Une nouvelle flambée de choléra secoue actuellement la province du Sud-Kivu, plus précisément dans le groupement Buzi, territoire de Kalehe. Les villages aux alentours de Kitembo sont les épicentres de cette épidémie qui inquiète au plus haut point les autorités sanitaires locales. Selon les derniers chiffres officiels de la zone de santé de Minova, 73 cas ont été enregistrés, avec un bilan tragique de 13 décès. Comment une maladie pourtant évitable continue-t-elle de faire des ravages dans cette région ?

Cette situation alarmante a été évaluée lors d’une réunion d’évaluation épidémiologique tenue à Minova le mercredi 14 janvier 2026. Le Dr Jérôme Kapepanguli, médecin chef de la zone de santé de Minova, a tiré la sonnette d’alarme en pointant du doigt deux facteurs majeurs : le manque criant d’eau potable et la résistance d’une partie de la population aux mesures d’hygiène de base. “Nous constatons une progression aggravée par le manque d’eau potable”, a-t-il déclaré, soulignant que la résistance comportementale contribue à la propagation rapide.

Le choléra est une infection intestinale aiguë causée par la bactérie Vibrio cholerae. Elle se transmet principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Imaginez un verre d’eau apparemment claire mais hébergeant des milliers de bactéries invisibles à l’œil nu ; c’est ainsi que le choléra s’infiltre dans les foyers. Les symptômes, diarrhée aqueuse et vomissements intenses, peuvent entraîner une déshydratation sévère et la mort en quelques heures si aucun traitement n’est administré rapidement. Dans le contexte du Sud-Kivu, où l’accès aux centres de santé est souvent difficile, la prévention devient la meilleure arme.

Dans le groupement Buzi, territoire de Kalehe, de nombreuses familles puisent encore leur eau directement dans le lac Kivu, sans traitement préalable. “Quand vous puisez l’eau dans le lac dans cet axe, vous devez savoir que cette eau est déjà contaminée ; il faut y ajouter du chlore”, insiste le Dr Kapepanguli. Malheureusement, les habitudes ont la vie dure, et sensibiliser à l’utilisation du chlore ou à la construction de latrines adaptées reste un défi de taille. Le médecin chef de zone santé lance un appel pressant au respect strict des mesures d’hygiène pour limiter les cas de choléra.

Face à cette urgence, la zone de santé de Minova a mis en place des stratégies de containment et de prévention. Des équipes mobiles sont déployées pour sensibiliser les communautés, distribuer des kits d’hygiène et superviser le chlorage de l’eau. Le médecin chef de zone appelle également à un renforcement de la sensibilisation au sein des ménages, dans les écoles et les églises, lieux de rassemblement propices à la propagation. “Nous mettons en place des stratégies pour contenir et prévenir la maladie autour de vous, population”, a-t-il affirmé lors de la réunion.

Cette épidémie dans le Buzi, Kalehe, rappelle que le choléra reste une menace endémique dans plusieurs provinces de la RDC, particulièrement dans les zones où l’accès à l’eau potable est limité. Le Sud-Kivu, avec ses nombreux lacs et cours d’eau, est malheureusement un terrain propice à la propagation de la bactérie. Les cas de choléra en RDC sont souvent liés à des conditions sanitaires précaires, et la flambée actuelle met en lumière l’importance d’une réponse coordonnée.

Pour briser la chaîne de transmission, quelques gestes simples sont essentiels : se laver régulièrement les mains avec du savon, surtout avant de manger et après être allé aux toilettes ; traiter systématiquement l’eau de boisson avec du chlore ou la faire bouillir ; et utiliser des latrines hygiéniques. Ces mesures, si elles sont adoptées par tous, peuvent sauver des vies et empêcher que des foyers isolés ne se transforment en épidémies incontrôlables. Penser à l’hygiène comme à un bouclier invisible : chaque lavage de main renforce ce bouclier contre les maladies.

En cas de symptômes évocateurs, la réhydratation orale immédiate avec des sels de réhydratation orale (SRO) est cruciale. Ces sels, disponibles dans les centres de santé, peuvent aussi être préparés à domicile. Il est ensuite impératif de se rendre au centre de santé le plus proche pour un traitement approprié. Avec un taux de létalité de près de 18% dans cette flambée, l’accès rapide aux soins est une question de vie ou de mort.

La lutte contre le choléra au Sud-Kivu est une course contre la montre où chaque geste compte. Les autorités sanitaires, avec l’appui des partenaires et des communautés, doivent redoubler d’efforts pour contenir l’épidémie de Minova et prévenir de nouvelles flambées. Investir dans l’eau potable et l’assainissement reste la solution durable pour protéger la population de cette maladie évitable.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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