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Sud-Kivu : neuf femmes tuées par des chirurgies clandestines à Shabunda

Une tragédie silencieuse frappe la zone de santé de Shabunda, au Sud-Kivu, révélant une faille béante dans le système de santé local. Neuf femmes ont perdu la vie entre décembre 2025 et janvier 2026 à la suite d’interventions chirurgicales pratiquées dans des conditions non professionnelles et dangereuses. Ces décès, liés aux chirurgies clandestines, sont une conséquence directe d’un manque criant de médicaments et de matériel médical adéquat, plongeant des familles entières dans le deuil et l’instabilité.

Comment en est-on arrivé à un tel drame ? La réponse, hélas, est multidimensionnelle. La pauvreté extrême qui frappe de nombreuses communautés dans cette région de la République Démocratique du Congo constitue le terreau fertile de cette tragédie sanitaire. Confrontées à des urgences médicales et à l’incapacité financière de se rendre dans des structures officielles, souvent elles-mêmes sous-équipées, des familles désespérées se tournent vers des offres de soins informels, moins chères mais mortellement risquées. Ces pratiques, faute de contrôle et de régulation, prospèrent dans l’ombre.

Le manque de médicaments essentiels et d’équipements stériles dans les centres de santé publics crée un cercle vicieux. Lorsqu’une patiente nécessite une opération, l’absence de moyens sur place peut pousser le personnel, à bout de ressources, à orienter vers des solutions alternatives ou, pire, inciter les familles à chercher elles-mêmes une issue. C’est dans cette brèche que s’engouffrent les praticiens clandestins, promettant des interventions rapides à moindre coût, mais au prix de protocoles d’hygiène et de sécurité inexistants. Le risque d’infection, d’hémorragie ou d’erreur opératoire devient alors exponentiel.

L’ASBL Bloc Citoyen Amani, qui a dévoilé ces chiffres glaçants, parle d’une « tragédie silencieuse ». Son coordonnateur, Josué Assani Kisulu, souligne les conséquences dévastatrices au-delà des simples statistiques : des enfants se retrouvent orphelins, des foyers sont brisés, et toute une communauté est plongée dans la douleur et un sentiment d’insécurité permanent face à la maladie. Cette situation révèle une crise systémique où le désespoir l’emporte trop souvent sur la raison, faute d’alternatives viables.

Face à cette urgence, des recommandations claires et pratiques sont formulées. Le Bloc Citoyen Amani appelle d’abord les autorités congolaises à un sursaut immédiat. Il est impératif de fermer les structures sanitaires informelles qui opèrent illégalement et de sanctionner leurs responsables. Cette action de régulation et de contrôle est fondamentale pour protéger la population. En parallèle, un soutien renforcé des partenaires humanitaires et du gouvernement est crucial pour la zone de santé de Shabunda. Cet appui doit se concrétiser par la fourniture d’équipements modernes, de médicaments essentiels et par le déploiement de personnel qualifié, capable de prendre en charge les cas complexes dans des conditions dignes et sûres.

La sensibilisation joue également un rôle clé. La société civile et les leaders communautaires sont exhortés à mener des campagnes d’information pour éduquer la population sur les dangers mortels des soins clandestins. Il s’agit de briser le cycle de la peur et de la méconnaissance, en expliquant, par des analogies simples, qu’une opération chirurgicale sans stérilisation ni compétence avérée équivaut à jouer à la roulette russe avec sa vie. Prévenir, c’est sauver.

La corroboration de ces faits par le médecin chef de zone de Shabunda donne un poids officiel à cette alarme. Elle confirme que le problème des interventions médicales non professionnelles n’est pas anecdotique mais bien structurel. Cette tragédie en RDC doit servir de signal d’alarme national. Investir dans la santé publique, notamment dans les régions reculées comme le Sud-Kivu, n’est pas une option, mais une obligation morale et une nécessité pour éviter que de tels drames ne se reproduisent. La route est longue, mais elle commence par une prise de conscience collective et des actions concrètes pour offrir à chaque Congolais le droit fondamental à des soins de qualité.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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