Dans une décision aux répercussions internationales, le département d’État américain a annoncé la suspension du traitement des demandes de visas d’immigration en provenance de 75 pays. Cette mesure drastique, justifiée par Washington par un recours jugé « inacceptable » aux aides sociales de la part des ressortissants de ces nations, plonge dans l’incertitude des milliers de candidats à la résidence permanente aux États-Unis, notamment en République démocratique du Congo.
Le gel, effectif immédiatement, restera en vigueur jusqu’à ce que les autorités américaines puissent « garantir » que les futurs immigrants ne constitueront pas une charge pour les ressources publiques. Cette suspension vise exclusivement les visas d’immigration, première étape vers l’obtention de la fameuse « Green Card ». Les visas non-immigrants, tels que les visas touristiques ou d’affaires (B-1/B-2), ne sont pas concernés par cette directive, selon les précisions apportées par le département d’État.
La liste des pays touchés est d’une ampleur remarquable, couvrant plusieurs continents. En Afrique, des nations majeures comme la République démocratique du Congo, le Nigeria, le Ghana, le Cameroun, l’Égypte ou le Sénégal en font partie. Le Moyen-Orient est également fortement représenté avec l’Iran, l’Irak, le Liban, la Syrie et le Yémen. En Amérique du Sud, le Brésil et la Colombie figurent sur la liste, tandis qu’en Asie, des pays comme le Bangladesh, le Pakistan, l’Afghanistan et le Népal sont inclus. Cette décision du département d’État concernant la suspension des visas d’immigration touche aussi plusieurs pays d’Europe de l’Est, dont l’Albanie, la Bosnie et la Moldavie.
Concrètement, quelles sont les implications pour les ressortissants de la RDC et des autres pays concernés par cette suspension des visas immigration aux États-Unis ? Les candidats peuvent toujours déposer leur dossier et se présenter aux entretiens dans les ambassades et consulats. Les rendez-vous continueront d’être fixés. Cependant, et c’est le cœur de la mesure, aucun visa d’immigration ne sera physiquement délivré tant que la suspension sera en vigueur. Aucune date de fin n’a été communiquée, créant un flou anxiogène pour de nombreuses familles.
Le département d’État a toutefois prévu quelques exceptions notables. Les personnes disposant d’une double nationalité pourront postuler en présentant le passeport d’un pays non listé. Par ailleurs, cette directive ne s’applique pas rétroactivement : les visas d’immigration déjà délivrés ne sont pas révoqués. Les questions relatives à l’admission sur le territoire américain une fois le visa obtenu relèvent, quant à elles, du département de la Sécurité intérieure (DHS).
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une politique américaine plus large visant à réformer l’immigration et à protéger le filet social du pays. Depuis plusieurs années, la loi sur l’immigration aux États-Unis comporte des clauses de « charge publique » (« public charge ») visant à refuser l’entrée aux personnes susceptibles de dépendre de l’aide gouvernementale. La suspension actuelle, par son ampleur géographique, marque un durcissement significatif de l’application de ce principe.
Quelles pourraient être les conséquences de cette suspension des visas américains ? Pour les pays concernés, dont la RDC, cela signifie un frein majeur aux projets de regroupement familial et d’installation durable aux États-Unis. Des communautés diaspora établies outre-Atlantique pourraient voir leur dynamisme affecté par l’impossibilité de faire venir des proches. Sur le plan diplomatique, cette mesure unilatérale risque de susciter des tensions, même si les réactions officielles des capitales concernées se font encore attendre.
À Washington, des analystes voient dans cette annonce un moyen de faire pression sur les gouvernements étrangers pour qu’ils améliorent leurs conditions socio-économiques, réduisant ainsi les motivations à émigrer. D’autres y perçoivent une simple mesure de contrôle budgétaire interne. Reste que pour des milliers d’individus, ce gel représente l’effondrement d’un rêve américain longuement mûri. La balle est désormais dans le camp des pays listés : comment vont-ils réagir à cette décision qui touche au cœur de la souveraineté et de la dignité de leurs citoyens ?
En l’absence de calendrier précis, l’attente devient la nouvelle réalité pour les demandeurs. La situation impose une vigilance accrue quant aux éventuels assouplissements ou exemptions qui pourraient être annoncés. Pour l’instant, le message du département d’État est clair : la suspension des visas d’immigration pour cette longue liste de pays, dont la RDC, est effective, et son issue dépendra de la capacité de Washington à obtenir les garanties qu’il estime nécessaires.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
