« Les jeunes de Kinshasa méritent plus que la violence, ils méritent un avenir », déclare Sabine Mehnert, cheffe de la mission adjointe à l’ambassade d’Allemagne à Kinshasa, lors du lancement officiel du Fonds Consolidation Paix III. Dans une capitale congolaise où les violences juvéniles font désormais partie du paysage urbain, cette initiative germano-congolaise apparaît comme une bouffée d’oxygène.
Comment expliquer que des adolescents en viennent à semer la terreur dans les rues de Kinshasa ? La réponse se niche souvent dans l’absence d’alternatives et le manque d’infrastructures sociales. Le Fonds Consolidation Paix III, financé à hauteur de 54,3 millions d’euros par la KFW, la banque de développement allemande, entend justement s’attaquer à ces racines profondes du mal.
« Notre rôle consiste à transformer les ressources disponibles en résultats tangibles, visibles sur le terrain », martèle Mme Mouna El Jaouhari, directrice de l’UNOPS en RDC. L’agence onusienne, en partenariat avec Interpeace, sera le bras séculier de ce projet ambitieux qui vise 650 000 bénéficiaires directs.
Mais au-delà des chiffres, quelle réalité concrète se cache derrière ce programme ? Pacifique Borauzima, directeur pays d’Interpeace, détaille : « Nous combinons développement des infrastructures, relance économique et construction de la cohésion sociale ». Une approche intégrée qui reconnaît que la paix ne se décrète pas, mais se construit pierre après pierre.
La particularité du Fonds Consolidation Paix III réside dans son double focus : les provinces de l’Est ravagées par les conflits armés, et Kinshasa, théâtre de violences juvéniles souvent passées sous silence. Cinq années d’exécution, de 2025 à 2030, pour tenter d’inverser la tendance.
La coopération RDC Allemagne montre ici sa maturité, passant de l’urgence humanitaire à un accompagnement structurel. Le gouvernement congolais, par la voix du secrétaire général au ministère du Plan, salue cette évolution : « Ce projet s’inscrit dans nos efforts conjoints pour le rétablissement de la paix et le développement durable ».
Reste la question cruciale : comment éviter que ces fonds ne se perdent dans les méandres de la bureaucratie ? L’UNOPS RDC paix mise sur la transparence et la durabilité, tandis qu’un comité de pilotage présidé par le ministère du Plan veillera à l’orientation stratégique.
Dans l’Est, les défis sont immenses : réhabilitation d’infrastructures sociales, restauration des services de base, développement des capacités communautaires. À Kinshasa, il s’agira de créer des espaces où les jeunes pourront se reconstruire loin de la violence.
Le projet paix Est RDC représente-t-il enfin l’approche holistique tant attendue ? La réponse se mesurera à l’aune des transformations concrètes dans la vie des populations. Comme le souligne un observateur : « Après les phases précédentes, la capitalisation des expériences passées est cruciale pour éviter de répéter les mêmes erreurs ».
Alors que le soleil se couche sur Kinshasa, porteur à la fois d’espoirs et d’appréhensions, une certesse émerge : la consolidation de la paix nécessite plus que des discours. Elle exige des actions coordonnées, durables, et surtout, ancrées dans les réalités locales. Le Fonds Consolidation Paix III en aura-t-il la capacité ? L’avenir nous le dira, mais une chose est sûre : l’attente des populations est immense.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
