La représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, Bintou Keita, a tiré la sonnette d’alarme devant le Conseil des droits de l’homme à Genève. Sa déclaration, ce mardi 9 septembre, dépeint une situation sécuritaire catastrophique dans l’est de la République démocratique du Congo.
Les exécutions sommaires perpétrées par les rebelles du M23 dans le territoire de Rutshuru constituent une préoccupation majeure. Malgré les appels internationaux répétés au cessez-le-feu, ces violations des droits humains persistent. Comment expliquer cette escalade de violence en dépit des condamnations internationales ?
La cheffe de la MONUSCO a souligné que les violations du droit international humanitaire atteignent désormais un niveau critique. Ces abus systématiques sapent les efforts de paix dans cette région instable de la RDC. La résolution 2773 du Conseil de sécurité, appelant à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, reste lettre morte sur le terrain.
La situation humanitaire devient de plus en plus alarmante. Les chiffres avancés par Mme Keita sont éloquents : 152 civils tués par les ADF en juillet et août, dont de nombreuses femmes et enfants. Le Nord-Kivu et l’Ituri restent les épicentres de cette violence meurtrière qui frappe des populations déjà vulnérables.
Le drame humanitaire s’amplifie avec plus de 8 millions de personnes déplacées internes. Ces populations peinent à recevoir l’assistance vitale en raison de l’insécurité persistante et du manque criant de ressources. La protection des civils représente un défi immense dans ce contexte de violence généralisée.
La MONUSCO continue d’assurer une protection rapprochée aux acteurs de la société civile menacés. Ses bases à Goma abritent des civils en danger tandis que l’organisation soutient les défenseurs des droits humains persécutés. Mais ces mesures restent insuffisantes face à l’ampleur des violations.
Bintou Keita a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre rigoureusement les engagements des processus de Washington et de Doha. La centralité des droits humains dans toute initiative de paix doit devenir une priorité absolue. Sans respect des droits fondamentaux, aucune solution durable ne pourra émerger.
La communauté internationale reste témoin impuissant de cette tragédie humaine qui se déroule dans l’est de la RDC. Les appels répétés de la MONUSCO résonnent comme un cri d’alarme face à l’indifférence relative de la scène internationale. Jusqu’à quand cette situation insoutenable pourra-t-elle durer ?
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
