Dans un contexte de mutations stratégiques du secteur minier congolais, le président du conseil d’administration du Cadastre minier (CAMI), Crispin Mbindule, a apporté des clarifications capitales ce jeudi. Face aux inquiétudes d’une prétendue braderie des ressources, il a fermement démenti que les investisseurs américains RDC bénéficient d’avantages exorbitants. « Leurs sociétés respectent la procédure, le code et les règlements miniers. Elles se présentent au CAMI comme toute autre entreprise », a-t-il martelé lors d’une conférence de presse à Kinshasa.
Ces déclarations interviennent alors que la République Démocratique du Congo renforce sa gouvernance minière. Mbindule a spécifiquement distingué les nouveaux partenaires américains des anciens contrats miniers RDC qualifiés de léonins. Un positionnement clé : « Le contrat que nous avons signé ne signifie pas que nous offrons gratuitement des périmètres. Ils payent les frais de dépôt et s’apprêtent à régler les droits superficiaires au prorata ». Cette transparence administrative, pilier de la réforme du secteur minier congolais, répond aux critiques sur l’équité des concessions.
Faut-il y voir une concurrence déloyale pour les opérateurs historiques comme les Chinois ? Le responsable du CAMI RDC balaie cette hypothèse. « Ces opérateurs ne viennent pas remplacer les investisseurs existants », a-t-il assuré, soulignant que leur arrivée s’inscrit dans une dynamique d’élargissement du marché plutôt que de substitution. Une analyse corroborée par les chiffres : entre 2024 et juin 2025, le CAMI permettra à l’État de reprendre le contrôle de 6 733 carrés miniers répartis sur 177 titres de sites, soit une consolidation sans précédent du patrimoine national.
Cette rigueur administrative pourrait-elle stimuler les futurs investissements miniers RDC ? En exigeant le strict respect du code minier, le CAMI envoie un signal fort aux marchés internationaux. La procédure normalisée – dépôt de dossier, paiement des frais, examen technique – constitue une barrière contre les accords opaques qui ont longtemps miné le secteur. Pour les observateurs, cette standardisation est le premier jalon d’une attractivité renouvelée.
L’impact économique pourrait être double : à court terme, les recettes de l’État augmenteront via les droits superficiaires et les redevances. À moyen terme, la diversification des investisseurs réduira la dépendance aux partenaires traditionnels. Reste un défi : transformer cette gouvernance améliorée en développement local tangible. Comme le souligne un expert sous couvert d’anonymat : « La régularité des procédures ne vaut que si elle s’accompagne d’une redistribution équitable des richesses minières aux populations ».
En définitive, le discours de Mbindule dessine les contours d’un secteur minier congolais en voie de normalisation. Loin des polémiques sur un prétendu favoritisme, les règles du jeu semblent s’universaliser. Une évolution qui, si elle se confirme, pourrait faire de la RDC un modèle de transparence extractive en Afrique centrale. Le véritable test résidera dans l’application uniforme de ces principes à tous les investisseurs – historiques comme nouveaux entrants.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
