Une nouvelle tuerie ensanglante Goma. Eloi Wisoba et Yves Wisoba, deux frères, ont été froidement abattus ce jeudi 7 août dans le quartier Himbi. Les faits se sont produits vers 20h alors que les victimes venaient de rentrer du travail.
Selon des témoins contactés par notre rédaction, les deux frères étaient à bord de leur véhicule. Ils s’apprêtaient à garer le véhicule dans leur parcelle familiale lorsque quatre hommes en tenue civile ont surgi. Circulant sur deux motos, les assaillants ont pénétré dans l’enclos sans rencontrer de résistance.
L’opération s’est déroulée avec une rapidité glaçante. Sans prononcer un mot, les agresseurs ont ouvert le feu à bout portant. Les coups de feu ont touché mortellement les deux jeunes hommes. L’ensemble de l’attaque armée à Goma n’aurait duré que quelques minutes avant la fuite des tireurs vers une destination inconnue.
« Ils venaient juste de rentrer du boulot, a confié un voisin sous couvert d’anonymat. Les motos ont suivi la voiture dans l’enclos. Et puis, c’était des tirs. Tout s’est passé très rapidement. On n’a rien pu faire. » Ce témoignage illustre l’impuissance des résidents face à cette violence soudaine.
Les corps des frères Wisoba ont été évacués vers la morgue de l’hôpital CEBCA/Ndosho. Cette tuerie à Himbi s’inscrit dans un contexte sécuritaire délétère. Depuis l’occupation de Goma par la rébellion de l’AFC/M23 fin janvier, l’insécurité au Nord-Kivu atteint des niveaux critiques. Des groupes armés, incluant des miliciens wazalendo et d’anciens détenus évadés de la prison de Munzenze, opèrent en toute impunité.
Comment expliquer que de telles exactions persistent malgré les opérations de bouclage menées par les rebelles ? La rébellion accuse le gouvernement de Kinshasa de télécommander des acteurs locaux pour déstabiliser la ville. Pendant ce temps, les civils paient le prix fort. L’assassinat des frères Wisoba soulève des questions brûlantes sur l’efficacité des dispositifs de sécurité.
Aucune revendication n’a filtré concernant cette attaque. Les motivations restent obscures. Une enquête serait en cours selon des sources sécuritaires, mais aucun suspect n’a été interpellé à ce stade. La population de Himbi vit désormais dans la crainte de nouvelles violences. Cette insécurité chronique paralyse-t-elle définitivement la vie économique et sociale de Goma ?
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
