La province du Maï-Ndombe respire un peu mieux : l’épidémie de choléra qui la frappait est désormais entrée dans une phase de containment selon les autorités sanitaires. Sur les 994 cas notifiés depuis le début de la crise, 840 patients ont été déclarés guéris et ont quitté les hôpitaux. Un espoir tempéré par le bilan de 84 décès et la persistance de foyers actifs, notamment dans le territoire de Yumbi.
Actuellement, 68 malades restent pris en charge dans les centres de traitement de choléra spécialisés. Un défi organisationnel accru par deux cas d’évasion de patients, rappelant que la lutte contre cette maladie hautement contagieuse exige une vigilance constante. Comment prévenir de nouvelles fuites tout en garantissant des soins dignes ? La question hante les équipes médicales sur le terrain.
Yumbi, épicentre inquiétant
Le Dr Francis Kambol, chef de la division provinciale de la santé, pointe du doigt le territoire de Yumbi comme l’épicentre actuel avec plus de 300 cas recensés. « Cette concentration s’explique par les mouvements réguliers des populations vers les îlots de pêche », analyse-t-il. Ces zones insulaires, difficiles d’accès et souvent dépourvues d’infrastructures sanitaires, créent un terreau idéal pour la propagation du vibrion cholérique – cette bactérie qui se transmet par l’eau ou les aliments contaminés.
Imaginez ces îlots comme des incubateurs invisibles : l’absence de latrines adéquates et la consommation d’eau non traitée transforment chaque déplacement en risque potentiel. Les symptômes initiaux – diarrhées aqueuses brutales, vomissements, déshydratation sévère – peuvent tuer en quelques heures sans intervention rapide. Une course contre la montre où chaque minute compte.
Stratégies ciblées pour les zones critiques
Face à cette situation, la santé publique en RDC déploie des mesures innovantes : « Nous avons formé des relais communautaires pour sensibiliser les populations des îlots avant l’apparition des cas graves », détaille le Dr Kambol. Ces sentinelles locales jouent un rôle crucial pour briser la chaîne de transmission en éduquant sur l’hygiène de base et la reconnaissance précoce des symptômes.
Deux armes complémentaires ont été déployées : des points de chloration systématique de l’eau et des unités mobiles de traitement par sérums réhydratants. Le choléra se vainc par une réhydratation agressive – jusqu’à 6 litres de solutés par jour pour un adulte – combinée à des antibiotiques dans les cas sévères. Ces dispositifs mobiles sauvent des vies en réduisant les délais d’intervention.
La vigilance reste de mise
Si le taux de guérison dépasse 84%, la bataille n’est pas gagnée. Les autorités rappellent trois règles vitales aux populations des zones à risque : 1) Faire bouillir ou chlorer toute eau de consommation, 2) Se laver systématiquement les mains au savon avant de manger, 3) Consulter immédiatement en cas de diarrhée liquide abondante. Une prévention simple mais qui reste le rempart le plus efficace contre cette maladie des mains sales.
L’épidémie de choléra au Maï-Ndombe montre que même contenue, la menace persiste là où l’accès à l’eau potable reste un luxe. Sa gestion pourrait servir de modèle pour d’autres régions congolaises vulnérables. Reste à savoir si les mesures préventives perdureront après la crise…
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
