AccueilActualitéSecuritéEnlèvements d'enseignants à Rutshuru : cinq otages dans la tourmente du Nord-Kivu

Enlèvements d’enseignants à Rutshuru : cinq otages dans la tourmente du Nord-Kivu

La tension sécuritaire atteint un nouveau pic dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Ce mercredi 11 mars, cinq agents du secteur éducatif ont été brutalement enlevés par des hommes armés dans le groupement Busanza. Ces kidnappings d’agents éducatifs, perpétrés en plein jour sur deux axes routiers différents, soulignent une dramatique escalade de la violence contre les civils et les institutions.

Selon des sources administratives locales jointes par la rédaction, le premier incident s’est produit sur l’axe Kinyandonyi–Rugarama, au niveau de Mutego. Deux figures du monde scolaire ont été interceptées : Monsieur Potien, enseignant à l’École primaire 2 Rugarama, et Ezéchiel, directeur adjoint de l’École primaire Busanza. Les deux hommes revenaient de Kiwanja lorsque leur véhicule a été stoppé. Les ravisseurs n’ont pas fait de distinction, emmenant également le taximan qui les conduisait. Cet enlèvement d’enseignants en RDC illustre la méthode implacable des agresseurs, qui ne laissent aucune chance à leurs cibles.

Quelques heures seulement après cette première attaque, un second coup a été porté. Sur l’axe Kitagoma–Kidandari, toujours dans le périmètre de Busanza, trois autres éducateurs ont été capturés. Biramahire Barthélémy, directeur de l’École primaire Nyamagana, ainsi que les enseignants Martin Semanza et Izabayo Kwizera de l’École primaire Kikingo, ont été saisis par des individus lourdement armés. Les trois victimes sont toutes originaires du village Kitagoma, dans la localité Nyamagana. La répétition du scénario, à quelques kilomètres et heures d’intervalle, interroge sur l’impunité dont jouissent ces groupes.

Ces événements ne sont malheureusement pas isolés. Ils s’inscrivent dans une dégradation profonde et continue de la sécurité dans les villages du groupement Busanza. Depuis plusieurs mois, les habitants dénoncent une recrudescence inquiétante des incursions armées, de jour comme de nuit. Ces incursions sont régulièrement ponctuées par des cas d’enlèvements contre rançon, créant un climat de terreur permanent. La population vit dans la peur constante, se demandant qui sera la prochaine victime de cette crise sécuritaire au Congo.

Face à cette paralysie progressive de la vie civile, l’appel à l’aide des communautés locales se fait de plus en plus pressant. Les habitants de Busanza, une zone frontalière avec l’Ouganda, exhortent les autorités provinciales et nationales à renforcer d’urgence les dispositifs sécuritaires. L’absence criante d’une présence étatique efficace et dissuasive est perçue comme le principal facteur favorisant les activités de ces groupes criminels. Comment expliquer autrement que des rafles puissent se produire en pleine journée sur des routes théoriquement fréquentées ? La sécurité à Rutshuru est-elle devenue une simple vue de l’esprit ?

Les conséquences de ces actes dépassent le drame personnel des familles des victimes. Elles frappent au cœur du système éducatif, déjà fragilisé par des années de conflit. L’enlèvement de directeurs et d’enseignants paralyse les écoles, prive les enfants d’éducation et sape les fondements mêmes de la cohésion sociale. Chaque nouvelle attaque envoie un message de défi aux autorités et un signal de détresse à la communauté internationale. Les actualités du Nord-Kivu sont trop souvent le reflet de cette spirale infernale.

À ce jour, aucun groupe n’a revendiqué ces enlèvements et le motif précis reste à déterminer, bien que la piste d’une demande de rançon soit privilégiée par les observateurs locaux. Les forces de sécurité ont été alertées et des recherches sont en cours, mais dans cette vaste région au relief complexe, les chances de retrouver rapidement les otages semblent minces. Le bilan est lourd : cinq vies brisées, des familles dans l’angoisse et une communauté entière plongée dans le désarroi.

La répétition de tels scénarios catastrophe dans l’est de la République Démocratique du Congo pose une question fondamentale : jusqu’où faudra-t-il que l’insécurité grimpe pour qu’une réponse à la hauteur du péril soit enfin mise en œuvre ? Les habitants de Busanza, comme ceux de tant d’autres localités du Nord-Kivu, attendent plus que des promesses. Ils réclament des actes concrets pour restaurer un État de droit et leur droit le plus élémentaire : celui de vivre en sécurité.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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