AccueilActualitéSantéCholéra au Sud-Kivu : 5 morts dans une épidémie déclarée à Mwenga

Choléra au Sud-Kivu : 5 morts dans une épidémie déclarée à Mwenga

Le spectre de la maladie refait surface dans l’est de la République Démocratique du Congo. Les autorités sanitaires viennent de déclarer une épidémie de choléra dans la zone de santé de Mwenga, au Sud-Kivu, suite à la confirmation biologique de plusieurs cas. Cette annonce fait suite à l’enregistrement de 28 patients, dont 5 ont malheureusement succombé à cette infection bactérienne aiguë. Une situation qui rappelle cruellement la vulnérabilité de certaines régions face aux maladies hydriques et interroge sur la résilience des systèmes de santé locaux.

Comment cette épidémie a-t-elle été identifiée ? Le Dr Cos Kenemo, médecin chef de zone à Mwenga, précise que la déclaration officielle est intervenue lors de la 9ᵉ semaine épidémiologique de l’année. « L’épidémie de choléra a été déclarée après la confirmation biologique de 5 échantillons sur les 8 prélevés. À ce jour, nous enregistrons 28 cas dont 5 décès », a-t-il expliqué. Parmi ces décès, trois sont survenus dans la communauté et deux dans des structures de soins, mettant en lumière les difficultés d’accès à une prise en charge rapide. Le choléra, une infection intestinale due à la bactérie *Vibrio cholerae*, se transmet principalement par l’eau ou des aliments contaminés. Ses symptômes, une diarrhée aqueuse et des vomissements profuses, peuvent conduire à une déshydratation sévère et au décès en quelques heures sans traitement approprié.

La propagation de la maladie est actuellement circonscrite à trois aires de santé de la région : Biganda, Tuseswa et Kalole. Face à cette urgence, les équipes sanitaires locales se sont immédiatement mobilisées pour mettre en place des mesures barrières visant à limiter la propagation de la bactérie. En parallèle, la Division Provinciale de la Santé (DPS) du Sud-Kivu a apporté un premier soutien crucial en intrants médicaux. Cet appui comprend 150 litres de Ringer lactate, une solution de réhydratation intraveineuse vitale, des trousses de perfusion ainsi que du chlore pour la désinfection de l’eau et des surfaces. Ces actions rapides sont essentielles pour contenir l’épidémie de choléra dans cette partie du Sud-Kivu.

Cependant, malgré cette mobilisation, le médecin chef de zone alerte sur des défis structurels majeurs qui entravent la lutte contre cette crise sanitaire en RDC. L’absence d’un Centre de Traitement du Choléra (CTC) dédié dans la zone constitue un frein considérable à une prise en charge optimale des patients. Un CTC permet d’isoler les cas, de fournir des soins intensifs de réhydratation et de réduire drastiquement le risque de contamination communautaire. Mais le défi le plus fondamental reste l’accès à l’eau potable. La faible couverture en eau saine dans la zone de Mwenga est pointée du doigt comme l’un des principaux facteurs favorisant la transmission de la maladie. Quand les populations sont contraintes de consommer une eau de surface non traitée, le risque d’ingérer la bactérie est démultiplié.

Que faire alors pour se protéger et briser la chaîne de transmission ? Les autorités sanitaires lancent un appel pressant à la population pour le strict respect des mesures d’hygiène de base. Le lavage régulier des mains avec du savon, surtout avant de manger et après être allé aux toilettes, est une barrière simple et efficace. Le traitement de l’eau de boisson, par ébullition ou avec des pastilles de chlore, est une autre mesure incontournable. Enfin, il est capital de consulter immédiatement un centre de santé dès l’apparition des premiers symptômes (diarrhée, vomissements). La réhydratation précoce, que ce soit par des solutions orales ou par perfusion, sauve des vies. La prise en charge du choléra, bien que nécessitant des moyens, est très efficace lorsque le patient est traité à temps.

Cette nouvelle épidémie à Mwenga sert de rappel brutal. La lutte contre les maladies comme le choléra en République Démocratique du Congo ne se gagne pas seulement avec des médicaments pendant les crises, mais aussi et surtout par des investissements durables dans l’accès à l’eau potable et l’assainissement. Tant que des communautés entières n’auront pas un accès garanti à une eau saine, le cycle des épidémies de choléra, de diarrhées aiguës et d’autres fléaux hydriques risque de se perpétuer. La réponse d’urgence est vitale, mais la prévention à long terme est la seule stratégie gagnante pour la santé publique au Congo.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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