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Budget 2026 sous tension : le Parlement exige des comptes sur les retards de salaires

Dans un contexte de tensions récurrentes sur la trésorerie de l’État, le Parlement congolais hausse le ton. Alors que la session ordinaire de mars 2026 n’est pas essentiellement budgétaire, l’Assemblée nationale a décidé de maintenir une pression vigilante sur l’exécution du budget 2026 RDC, évalué à 54 335,8 milliards de Francs Congolais (FC). Dès ce jeudi 5 mars, le Bureau de l’Assemblée convoque les membres du gouvernement en charge des Finances et du Budget pour un premier bilan trimestriel. Cette initiative, annoncée par le rapporteur Jacques Djoli, témoigne d’une volonté accrue de contrôle parlementaire budget face à des inquiétudes persistantes.

Au cœur des préoccupations : les retards systémiques dans le paiement des salaires des fonctionnaires. Comment une économie affichant une croissance budgétaire de 7,2% peut-elle peiner à honorer sa masse salariale publique RDC ? Pour l’opposition et certains experts, la racine du mal est monétaire. Le député et économiste Gode Mpoy avance que la masse salariale, calculée sur une parité dollar/FC défavorable, est victime de l’appréciation récente du franc congolais. Les recettes en devises, une fois converties, généreraient ainsi un manque à gagner latent, créant un trou dans la trésorerie de l’État.

Le gouvernement, lui, rejette cette analyse et invoque des « ajustements techniques » dans le système de paie. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, assure que l’État dispose des moyens et que tous les arriérés seront soldés. Il écarte ainsi l’idée d’une crise de liquidité, pointant plutôt vers la lourdeur des dépenses sécuritaires engagées face à l’instabilité dans l’Est du pays. Pourtant, cette justification peine à convaincre une opinion publique lassée par ces retards chroniques qui érodent la confiance dans les institutions.

La sonnette d’alarme a été tirée par une autorité externe incontournable : le Fonds Monétaire International (FMI). Dans son dernier FMI rapport RDC finances, l’institution identifie clairement la dynamique de la masse salariale comme un « risque budgétaire majeur ». La hausse rapide des rémunérations, notamment dans les secteurs sociaux, absorbe une part croissante des ressources, réduisant l’espace fiscal pour l’investissement et les autres dépenses prioritaires. La progression des salaires, issue d’engagements antérieurs et de recrutements, a dépassé les prévisions, accentuant les pressions sur les dépenses courantes. Le pays se trouve ainsi pris en tenaille entre des obligations sociales croissantes et des impératifs sécuritaires colossaux.

Face à cette situation, la plus haute autorité de l’État est intervenue. Lors du dernier Conseil des ministres, le Président Félix Tshisekedi a ordonné un audit complet de l’état liquidatif de la paie des fonctionnaires, avec des résultats attendus sous 30 jours. Cette décision vise à cartographier précisément les flux et les goulets d’étranglement, dans l’objectif affiché de garantir la soutenabilité des finances et un paiement régulier des agents. Cet audit sera-t-il la clé pour briser le cycle infernal des retard paiement fonctionnaires ?

La reprise des travaux parlementaires le 16 mars prochain au Palais du Peuple offrira une nouvelle tribune pour examiner ces questions brûlantes. L’enjeu dépasse la simple gestion comptable : il touche à la crédibilité budgétaire du pays et à la stabilité sociale. La capacité du gouvernement à présenter un tableau clair et des solutions pérennes lors des réunions de contrôle sera scrutée à la loupe. La RDC peut-elle concilier une politique salariale ambitieuse, des dépenses sécuritaires incompressibles et une discipline budgétaire rigoureuse exigée par ses partenaires ? La réponse à cette équation complexe déterminera non seulement la suite de l’exécution du budget 2026 RDC, mais aussi la marge de manœuvre économique du pays pour les années à venir.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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