Un taux de 12% de malnutrition parmi les populations de la zone de santé d’Isangi, dans la province de la Tshopo. Ce chiffre, révélé par une enquête menée en novembre dernier, a sonné comme un signal d’alarme urgent. En réponse, une offensive majeure a été lancée fin février avec le déploiement d’un vaste projet de prévention. Mais que signifie réellement ce chiffre pour les familles d’Isangi, et surtout, comment ce nouveau programme entend-il inverser une tendance aussi préoccupante pour la santé publique en RDC ?
L’initiative, portée par l’Agence belge de coopération internationale Enabel, ne vient pas en terrain vierge. Elle constitue en réalité le quatrième volet d’un partenariat stratégique et durable avec les autorités sanitaires locales. Cette continuité est essentielle, car combattre la malnutrition, surtout dans des zones parfois enclavées comme Isangi, n’est pas une course de vitesse mais un marathon. Il s’agit d’un engagement à long terme pour renforcer les systèmes de santé et transformer les pratiques au sein des communautés elles-mêmes.
La malnutrition, souvent perçue simplement comme un manque de nourriture, est en réalité une maladie complexe aux multiples visages. Elle affaiblit le système immunitaire, rendant les enfants bien plus vulnérables aux infections banales comme la diarrhée ou la pneumonie, qui peuvent alors devenir mortelles. Elle entrave également le développement cognitif et physique, compromettant l’avenir scolaire et professionnel de toute une génération. Un taux de 12%, c’est bien plus qu’une statistique : c’est la santé et le potentiel de centaines d’enfants qui sont en jeu dans la Tshopo.
La force de ce nouveau projet nutrition Tshopo réside dans son approche. Plutôt que d’imposer des solutions toutes faites, le programme mise sur l’appropriation communautaire. Concrètement, comme l’ont expliqué les responsables, le projet va organiser des formations, faciliter des diagnostics participatifs et accompagner les communautés pour qu’elles élaborent leur propre plan d’action contre la malnutrition. Enabel s’engage ensuite à fournir les moyens nécessaires à la mise en œuvre de ces plans. Cette méthode est cruciale : elle garantit que les actions correspondent aux réalités et aux ressources locales, augmentant ainsi leurs chances de succès et de pérennité.
Pour le médecin chef de zone de santé d’Isangi, l’objectif est clair : opérer une transformation durable des comportements. Il ne s’agit pas seulement de distribuer des supplements nutritionnels, mais d’éduquer sur les pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, de promouvoir l’allaitement maternel exclusif, et d’encourager la diversification alimentaire à base de produits locaux et accessibles. La prévention malnutrition RDC passe par ce travail de fond, ménage par ménage.
Le partenariat avec Enabel RDC santé illustre l’importance d’une coopération internationale qui s’inscrit dans la durée. En se positionnant comme un appui technique et financier aux côtés des autorités congolaises, l’agence belge contribue à renforcer les capacités locales. Le manager d’Enabel a d’ailleurs rappelé que cet engagement était constant, une alliance nécessaire pour venir à bout de défis sanitaires aussi enracinés que la malnutrition.
Alors, que peut-on attendre de ce projet dans la zone santé Isangi ? À court terme, une sensibilisation accrue et une meilleure identification des cas à risque. À moyen et long terme, l’ambition est de voir ce taux de 12% diminuer significativement, grâce à des communautés devenues actrices de leur propre santé. Le chemin sera long, mais en dotant les populations des connaissances et des moyens d’agir, ce programme jette les bases d’une amélioration durable. La lutte contre la malnutrition est un investissement sur l’avenir du pays, et chaque enfant sauvé de ses conséquences est une victoire pour l’ensemble de la République Démocratique du Congo.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
