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RDC : She Leads forme l’élite féminine pour briser le plafond de verre politique

À Kinshasa, dans un hôtel de la place, l’atmosphère est électrique. Après cinq jours de formation intensive, une cinquantaine de femmes leaders échangent avec une énergie palpable. Parmi elles, Diane Tshibola Madiya, encore marquée par la défaite électorale de 2023, retrouve un souffle nouveau. « Cette formation m’a redonné une colonne vertébrale », confie-t-elle, les yeux brillants de détermination. Elle n’est pas la seule. Cet atelier organisé par la Fondation Internationale pour les Systèmes Électoraux (IFES) dans le cadre du projet NDEKE II, avec le financement britannique du FCDO, a visiblement allumé une étincelle. Mais au-delà de la théorie, quel impact concret cette formation leadership femmes RDC peut-elle vraiment avoir sur le terrain politique, encore si masculin ?

Pendant une semaine, les participantes ont dévoré pas moins de seize modules, du leadership transformationnel au plaidoyer numérique, en passant par l’élaboration de plans de campagne et les techniques de négociation. L’objectif affiché est sans ambiguïté : forger les championnes de la gouvernance de demain. « Nous avons jeté les bases. À elles maintenant de jouer », a lancé Évelyne N’EBINTU, chargée de genre et inclusion à IFES, lors de la cérémonie de clôture. Elle a rappelé la finalité du programme She Leads : accroître la participation électorale et politique des femmes, et en faire des actrices incontournables dans l’élaboration des politiques publiques. Un discours relayé par le ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant, représenté par MUKEBA TOTO Fosca, qui a salué une initiative en phase avec la vision du Président Tshisekedi en matière de promotion féminine.

Cependant, le chemin reste semé d’embûches. Les barrières socio-culturelles, les préjugés tenaces et l’autocensure sont autant de murs à abattre. Lisa Katunda, une jeune leader, en est consciente : « Malgré les difficultés, nous devons nous relever et aller de l’avant. Un leader doit faire preuve de morale et de responsabilité. » Son témoignage souligne l’importance cruciale de la résilience, l’un des thèmes phares de cet atelier IFES RDC. Comment transformer des connaissances acquises en salle en une influence réelle dans les conseils locaux, les parlements ou même au sein des partis politiques ? La question plane au-dessus des certificats de participation.

L’engagement des institutions est là. Outre le soutien du gouvernement congolais, IFES a promis un accompagnement post-formation sous forme de coaching et de mentorat pour pérenniser les acquis. Cette phase est critique. Elle pourrait faire la différence entre un simple événement et un véritable levier de changement. Patricia Maïsha, déléguée She Leads pour Kinshasa, y voit plus qu’un simple séminaire : « Il s’agit d’un mouvement. Nous sommes désormais prêtes à appliquer ce que nous avons appris et à susciter le changement dans nos communautés. » Son enthousiasme est partagé, mais il devra affronter la réalité d’un système politique souvent verrouillé.

L’un des moments les plus poignants de cette clôture est venu de Mélanie Kabamba, qui a porté la voix des femmes vivant avec un handicap. « Nous avons aussi quelque chose à apporter au développement du pays. Pourquoi ne pas accéder aux instances de prise de décision ? », a-t-elle lancé, rappelant que l’inclusion ne doit pas être un vain mot. Son plaidoyer touche au cœur même de l’autonomisation femmes Congo : une représentativité qui embrasse toutes les diversités. La participation politique femmes se heurte à une double, voire une triple peine pour certaines. Seront-elles entendues ?

Alors que les participantes regagnent leurs provinces respectives, portant avec elles des manuels et de nouvelles convictions, l’interrogation demeure. Les connaissances en stratégie de campagne et en négociation suffiront-elles à faire bouger les lignes dans un paysage politique congolais encore dominé par des logiques patrimoniales et des réseaux masculins ? Le programme She Leads a indéniablement équipé ces femmes d’outils précieux. Il a créé un réseau, boosté les confiances et dessiné une feuille de route. Mais le véritable test se jouera maintenant, sur le terrain, face aux résistances du quotidien. L’histoire nous apprend que les révolutions silencieuses commencent souvent par une salle de formation. Celle-ci écrira-t-elle un nouveau chapitre pour la gouvernance congolaise ? L’avenir le dira, mais une chose est sûre : ces femmes ne comptent plus rester en marge. Elles ont désormais les clés en main. À elles de faire tourner la serrure.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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