Une pluie torrentielle d’une violence inouïe s’est abattue sur le territoire de Fizi, dans le Sud-Kivu, transformant paisibles villages en champs de désolation. Ce jeudi 26 février 2026, le secteur de Mutambala, au village Mukera, a été balayé par un déluge qui a tout emporté sur son passage. Derrière cette catastrophe naturelle qui frappe la RDC se cache un drame annoncé : la revanche d’une nature mise à mal par des années de destruction environnementale.
Le bilan provisoire fait froid dans le dos : trois personnes blessées, quinze maisons réduites à l’état de débris, deux ponts entièrement emportés par des eaux de ruissellement devenues folles. Mais ces chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. Comment en est-on arrivé là ? La réponse, selon l’administrateur territorial Samy Kalonji Badibanga, est aussi claire qu’alarmante : cette pluie torrentielle à Fizi n’est pas un simple caprice météorologique, mais le prix à payer pour des décennies d’exploitation minière anarchique et de déforestation sauvage.
« Le territoire de Fizi paie aujourd’hui le prix de sa destruction de l’environnement, de sa biodiversité », déplore l’autorité politico-administrative, la voix empreinte d’une gravité qui résonne comme un avertissement. Les collines, autrefois couvertes d’un manteau forestier protecteur, ont été dénudées par l’abattage désordonné d’arbres et les activités d’exploitation artisanale des minerais. Résultat ? Des sols déstabilisés, fragilisés, incapables de retenir l’eau. Lorsque la pluie s’abat, elle ne rencontre plus aucun obstacle, transformant chaque pente en torrent destructeur.
Cette catastrophe n’est malheureusement pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une série noire qui frappe la région. Début février déjà, des vents violents avaient arraché la toiture du bâtiment administratif, laissant les services publics de l’État prestant à ciel ouvert. Quelques jours plus tard, le 23 février, trois vies étaient fauchées à Ngandja par l’effondrement de ponts sous la force des eaux. Les ponts Kimbi Mabashe et Mishengele, véritables artères vitales reliant le Sud-Kivu au Maniema, ont été emportés comme de simples fétus de paille, isolant des communautés entières.
Face à cette urgence écologique et humaine, l’appel lancé par les autorités résonne comme une dernière chance. La solution ? Un reboisement massif et urgent. Non seulement des collines dévastées, mais aussi des abords des écoles, des églises, des avenues. Chaque arbre planté devient un rempart contre l’érosion, un régulateur naturel du cycle de l’eau, un bouclier pour les populations. La destruction environnementale observée à Fizi n’est pas une fatalité. Elle est le fruit de choix dont nous pouvons encore rectifier la trajectoire.
Les dégâts dans le Sud-Kivu nous interpellent tous. Jusqu’à quand fermerons-nous les yeux sur les pratiques qui fragilisent notre écosystème ? Jusqu’à quand attendrons-nous la prochaine catastrophe naturelle pour réagir ? La pluie torrentielle qui a frappé Fizi est un signal d’alarme que nous ne pouvons plus ignorer. Elle nous rappelle avec brutalité que la nature, lorsque poussée à bout, finit toujours par se rappeler à notre bon souvenir. Le reboisement à Fizi n’est plus une option, mais une nécessité de survie. Car chaque arbre qui tombe, c’est une protection qui disparaît. Et chaque arbre planté, c’est un espoir qui renaît pour les générations futures.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
