L’effervescence est palpable dans le monde de la rumba congolaise. Ferré Gola, l’une des voix les plus emblématiques de la scène musicale africaine, prépare un événement qui pourrait bien marquer un tournant dans sa carrière. Le samedi 4 avril, l’artiste compte enflammer la prestigieuse Accor Arena de Paris, une salle mythique capable d’accueillir plus de 20 000 âmes. Mais pour que ce rêve devienne réalité, un obstacle administratif majeur doit être surmonté : l’obtention des visas Schengen pour ses précieux collaborateurs.
Conscient des déconvenues passées, le « Pape » de la rumba moderne a décidé de prendre les devants. Après les expériences mitigées de l’Adidas Arena en 2024 et de l’ING Arena en 2025, où l’absence de certains musiciens clés avait été vivement ressentie, Ferré Gola a officiellement saisi la Ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo. Son objectif ? Bénéficier d’un accompagnement de l’État pour faciliter la délivrance des visas de travail à son équipe. Cette démarche, à la fois stratégique et symbolique, démontre la volonté de l’artiste d’offrir un spectacle complet, à la hauteur de son immense talent et des attentes de son public.
La présence de ses fidèles lieutenants est, pour Ferré Gola, non négociable. Comment imaginer la magie opérer sans les guitares envoûtantes de Marc House, sans le groove charpenté de Ya Ilus, ou sans les arrangements puissants de Gouv le Golois ? Ces musiciens, véritables piliers de son orchestre Jet 7, sont les architectes de ce son unique, mélange de rumba traditionnelle et de modernité. Leur absence lors des précédentes dates parisiennes avait laissé un goût d’inachevé, une partition en suspens. Cette fois, le maestro congolais est déterminé à réunir toute sa famille musicale, y compris de nouvelles recrues prometteuses, pour écrire un chapitre parfait.
La réponse du gouvernement, par la voix de la ministre Elebe, semble positive. La délivrance d’une note officielle, attestant de la mission artistique, est une pratique courante pour accompagner les artistes nationaux sur la scène internationale. Cette implication des autorités congolaises est un signal fort. Ne démontre-t-elle pas une reconnaissance accrue de la culture comme vecteur d’influence et de diplomatie ? Dans les coulisses du pouvoir, on comprend que le succès d’un tel événement rejaillit sur l’image de toute une nation. L’administration Suminwa pourrait ainsi marquer des points en facilitant ce projet ambitieux.
L’enjeu dépasse le simple cadre d’un concert. Paris reste, pour tout artiste africain, une plaque tournante incontournable, un sésame vers une notoriété internationale. Se produire à l’Accor Arena, temple du spectacle vivant, n’est pas anodin. C’est une consécration, un aboutissement, et une formidable vitrine pour la richesse de la musique congolaise. Ferré Gola l’a bien compris : ce rendez-vous est bien plus qu’une date dans un planning. C’est un moment d’histoire qu’il veut partager avec ceux qui ont bâti avec lui cette aventure musicale.
Sur le plateau de Bosolo TV, l’artiste a affiché un optimisme communicatif. Sa confiance en une issue favorable est palpable. On sent chez lui une détermination tranquille, mûrie par les expériences passées. Les leçons ont été tirées, et la préparation est cette fois méthodique. Toute la communauté artistique de la RDC a les yeux rivés sur ce dossier. La réussite de ces démarches pour les visas Schengen ouvrirait la voie à d’autres, consolidant la place des musiciens congolais sur la carte mondiale du spectacle.
Le compte à rebours est lancé. Dans quelques semaines, les lumières de l’Accor Arena s’abaisseront peut-être sur une formation au complet, prête à livrer une performance mémorable. L’émotion sera alors à son comble, portée par des mélodies enivrantes et des rythmes entraînants. Ce concert de Ferré Gola à Paris a toutes les chances de devenir un référent, un standard d’excellence. Il ne reste plus qu’à franchir l’ultime formalité administrative pour que la fête soit totale, et que la rumba congolaise vibre à l’unisson, sans frontière, au cœur de la capitale française.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Eventsrdc
