23.2 C
Kinshasa
mardi, février 24, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéPolitiqueJohn Tomaszweski à Kinshasa : le Congrès US surveille l'accord avec la...

John Tomaszweski à Kinshasa : le Congrès US surveille l’accord avec la RDC

La visite à Kinshasa du conseiller Afrique de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, John Tomaszweski, ce lundi 23 février 2026, ne relève pas d’une simple formalité diplomatique. Reçu par la Première ministre Judith Suminwa, l’émissaire du Congrès est venu exercer une pression bien concrète : évaluer, avec un œil critique, la mise en œuvre de l’accord de partenariat stratégique conclu entre les deux nations. Cette mission de suivi, intervenant à quelques semaines seulement d’une session parlementaire congolaise cruciale prévue en mars, où la ratification du texte doit être examinée, jette une lumière crue sur les attentes et les exigences de Washington. Le gouvernement congolais joue-t-il là une partie décisive pour son avenir géostratégique ?

Derrière les déclarations de bonnes intentions, la réalité des rapports de force transpire. Comme l’a souligné le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, à l’issue de l’entrevue, « le Congrès américain dispose des pouvoirs de financement et veut s’assurer du suivi de ce qui avait été prévu ». Cette phrase, anodine en apparence, résume l’enjeu cardinal de ce partenariat stratégique RDC-USA : les promesses de coopération et de développement sont conditionnées à une traduction opérationnelle satisfaisante pour les bailleurs de fonds américains. La visite de John Tomaszweski s’inscrit ainsi dans la continuité logique des échanges engagés récemment avec le Capitole, mais elle en accentue le caractère impératif. La Première ministre a donc présenté, face à ce contrôleur vigilant, l’état d’avancement des engagements. L’élaboration d’une feuille de route et la mise sur pied d’une task force dédiée ont été évoquées comme des preuves de bonne volonté. Mais ces structures bureaucratiques naissantes suffiront-elles à convaincre ?

L’aspect le plus sensible, et sans doute le plus scruté, concerne la dimension sécuritaire de l’accord de partenariat Congo-États-Unis. Le gouvernement congolais a saisi l’occasion pour confirmer une nouvelle hautement symbolique : la prochaine arrivée en RDC du commandant de l’United States Africa Command (AFRICOM). Cette annonce, faite par Patrick Muyaya, n’est pas anodine. Elle signale un approfondissement tangible, et peut-être même une accélération, de la coopération militaire entre Kinshasa et Washington. « Nous attendons le commandant de l’Africom dans le cadre du partenariat militaire qui va se mettre en place sur la sécurité », a-t-il précisé. L’implication directe du commandant de l’AFRICOM laisse entrevoir une volonté de structurer une alliance défensive plus robuste, dans un contexte régional toujours marqué par l’instabilité. La RDC cherche-t-elle, par ce biais, à rééquilibrer ses alliances traditionnelles ou simplement à diversifier ses appuis face aux défis sécuritaires ? La réponse se construira dans les prochains mois.

La présence de John Tomaszweski et l’annonce de la venue du commandant de l’AFRICOM tissent ainsi une toile de fond complexe où la diplomatie et la sécurité s’entremêlent. D’un côté, le législateur américain exige des preuves d’une gestion rigoureuse et transparente avant de potentialiser le volet financier du partenariat. De l’autre, l’exécutif congolais, incarné par Judith Suminwa, tente de démontrer sa capacité à tenir ses engagements, tout en avançant ses pions sur l’échiquier de la sécurité. Cette double dynamique place le gouvernement devant un défi de taille : réussir la ratification parlementaire en mars prochain, tout en préparant le terrain pour une collaboration militaire élargie. L’échec sur l’un ou l’autre de ces fronts pourrait fragiliser durablement la crédibilité de Kinshasa auprès de son puissant partenaire.

En définitive, cette séquence diplomatique révèle les contours d’une relation en cours de redéfinition, plus exigeante et plus conditionnelle. L’administration américaine, via son Congrès, envoie un message sans ambiguïté : le partenariat doit produire des résultats observables. La balle est désormais dans le camp des autorités congolaises. La feuille de route présentée à John Tomaszweski devra se matérialiser par des actions concrètes, et la visite du commandant de l’AFRICOM devra déboucher sur des accords opérationnels clairs. Les prochaines semaines, ponctuées par la session parlementaire et l’arrivée annoncée du haut responsable militaire américain, seront déterminantes. Le gouvernement Suminwa parviendra-t-il à transformer cette pression en une opportunité de consolidation de l’État et de sa souveraineté ? L’avenir de ce partenariat stratégique RDC-USA en dépend.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net

Commenter
Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 23 Février 2026

La RDC accélère sa souveraineté financière avec un pacte BCC/DRC Gold Trading. Un forum inédit rassemble autorités et partenaires à Beni contre la menace ADF. L’UDPS, parti présidentiel, se déchire tandis que l’aéroport de Mbandaka relance ls vols nocturnes après 20 ans. Le Sankuru enregistre 10 candidats pour le gouvernorat du 7 avril. Sur le plan sportif, TP Mazembe brille sous Slimane Raho et Chaux Sport Bukavu crée la sensation en basket à la LIPROBAKIN.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques