Comment garantir la crédibilité d’un examen qui conditionne l’avenir de centaines de milliers de jeunes Congolais chaque année ? Cette question est au cœur d’un atelier de trois jours qui s’est ouvert ce lundi 23 février à Kinshasa, marquant une étape potentiellement décisive pour le système éducatif national. Le gouvernement, par le biais du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), y réunit l’ensemble des acteurs clés du secteur autour d’un objectif ambitieux : achever la digitalisation de l’Examen d’État.
Cet atelier sur la modernisation examen national n’est pas un simple séminaire de plus. Il s’inscrit dans la feuille de route du plan quinquennal 2024-2029, lequel place l’intégration du numérique comme un pilier de la transformation scolaire. « La digitalisation examen état n’est plus une option, c’est une nécessité impérieuse », a martelé le vice-ministre Théo Kazadi en ouvrant les travaux. Selon lui, il s’agit du levier indispensable pour instaurer une culture de transparence, de fiabilité et d’efficacité dans la gestion des données examen, un domaine historiquement miné par les rumeurs et les délais interminables.
Les défis sont de taille. L’Examen d’État, qui clôture le cycle secondaire, concerne des centaines de centres d’examen à travers l’immense territoire congolais. La collecte manuelle des copies, leur transport périlleux vers les centres de correction, puis la saisie et le traitement des notes ont longtemps été sources d’erreurs, de pertes et, parfois, de fraudes. L’inspecteur général de l’Éducation, Hubert Kimboza, l’a rappelé : la modernisation examen national vise avant tout à restaurer la confiance des élèves, des parents et de la société tout entière en cette épreuve certificative.
Concrètement, de quoi parle-t-on lors de cet atelier éducation RDC ? Les travaux se concentrent sur l’optimisation de toute la chaîne de valeur, depuis l’inscription des candidats jusqu’à la publication des résultats. L’objectif est de mettre en place une plateforme intégrée qui permettrait, à terme, une gestion entièrement dématérialisée. Imaginez : plus de feuilles de présence papier qui se déchirent, plus de listings de notes qui s’égarent entre deux provinces. À la place, un système centralisé où chaque étape serait tracée, sécurisée et accélérée.
Les bénéfices attendus sont multiples. Outre la réduction drastique des délais – une attente souvent anxiogène pour les familles –, la digitalisation examen état promet de minimiser les erreurs humaines liées aux ressaisies manuelles. « Cela renforcera la traçabilité et la sécurité des informations », a insisté Hubert Kimboza. En clair, chaque note, chaque décision aura un historique clair, réduisant les espaces propices aux arrangements opaques. Cette transparence éducation Congo est une demande récurrente de la société civile et des partenaires techniques.
Mais une telle révolution technique peut-elle réussir sans une révolution des mentalités ? C’est l’autre enjeu sous-jacent de cette rencontre à Kinshasa. Réunir inspecteurs principaux provinciaux, directeurs des provinces éducatives et responsables techniques, c’est aussi chercher à créer une adhésion collective. La réussite d’un tel projet dépendra de la capacité à former et à équiper les acteurs de terrain, souvent confrontés à des défis infrastructurels majeurs comme des coupures de courant récurrentes ou un accès limité à internet.
La route vers un Exetat 100% digital est encore longue, mais cet atelier éducation RDC en pose les fondations. Il représente un signal fort de la volonté politique de moderniser un secteur crucial pour le développement du pays. Si les engagements pris ces jours-ci sont suivis d’investissements concrets et d’un plan de déploiement réaliste, l’Examen d’État congolais pourrait bien connaître, dans les années à venir, une métamorphose historique. Une métamorphose qui, au-delà des simples procédures, toucherait à l’équité et à la justice au sein de l’école de la République. Le défi est désormais de passer des discours aux actes, pour que la promesse de transparence éducation Congo devienne une réalité tangible pour chaque élève.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net
