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UDPS en péril : L’Union sacrée de la nation au bord de l’implosion ?

L’ombre du doute plane désormais sur le parti qui incarne le pouvoir en République Démocratique du Congo. La revue de presse du 23 février 2026, synthétisant les analyses des principaux médias kinois, dresse le portrait d’un parti présidentiel RDC, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), en pleine turbulence. Les éditorialistes s’alarment d’un avenir peu rassurant pour cette formation historique, aujourd’hui confrontée aux contradictions brutales du pouvoir et à la déliquescence de sa propre coalition. La machine politique congolaise, souvent décrite comme impitoyable, serait-elle en train de se retourner contre ses propres architectes ?

Le constat est sans appel. L’UDPS, ce « parti de lutte et de sacrifice » selon les termes de la presse, goûterait amèrement les fruits d’une victoire qui lui échappe. Les observateurs pointent un paradoxe saisissant : ceux qui, par le passé, ont œuvré à son affaiblissement, voire soutenu sa répression, occupent désormais des positions d’influence au sein de l’appareil d’État. Dans ce jeu d’échecs complexe, les héritiers du fondateur Étienne Tshisekedi se retrouveraient relégués au rang de figurants, spectateurs impuissants d’une gestion du pouvoir qui les marginalise progressivement. L’UDPS avenir se dessinerait-il en dehors des leviers de commande qu’il est censé diriger ?

Le danger identifié est celui d’un isolement stratégique. L’alerte est lancée : une perte du pouvoir central pourrait précipiter l’effondrement du parti, abandonné par la cohorte d’« alliés » opportunistes qui prospèrent aujourd’hui sous son égide. Cette dépendance crée une vulnérabilité structurelle. L’UDPS, piégé par les nécessités de la politique congolaise de large union, aurait-il dilué son essence au point de ne plus contrôler sa propre trajectoire ? La question mérite d’être posée, tant la dynamique actuelle semble échapper à ses fondateurs.

La crise n’est pas seulement externe ; elle gronde aussi au sein même de la famille politique. Le Collectif pour l’UDPS Originelle a lancé une offensive verbale d’une rare virulence, réclamant carrément le « changement du présidium de l’Union sacrée de la nation ». Dans une déclaration politique reprise par la presse, ce collectif dresse un bilan catastrophique de la gestion de la plateforme présidentielle. Les termes utilisés sont sans équivoque : « échec cuisant », « amateurisme », « incapacité de travailler avec efficacité ». L’Union sacrée de la nation, conçue comme le socle de la majorité présidentielle, est ainsi décrite comme un navire à la dérive, miné par l’incompétence et l’absence de cohésion.

Cette charge interne est lourde de signification. Elle révèle des fractures profondes et un divorce croissant entre la base militante historique et les instances dirigeantes actuelles. Le Praesidium de l’Union est directement mis en cause pour avoir, selon ses détracteurs, entravé la promotion de la cohésion interne. N’est-ce pas là le signe d’une perte de légitimité et d’une incapacité à fédérer au-delà des appétits personnels ? La gestion de la politique congolaise au sommet apparaît ainsi gangrénée par des pratiques contre-productives.

Face à cette double menace – l’opportunisme des partenaires et la révolte de ses propres rangs –, la marge de manœuvre du parti présidentiel se réduit comme peau de chagrin. L’équation est complexe : comment redresser la barre de l’Union sacrée de la nation sans provoquer une crise ouverte avec les alliés indispensables à sa majorité parlementaire ? Et comment répondre aux aspirations de la frange « originelle » sans céder à un purisme qui isolerait davantage le parti ?

La revue de presse du 23 février sonne comme un avertissement sérieux. Elle met en lumière les risques d’une implosion lente mais certaine si des correctifs majeurs ne sont pas apportés. L’UDPS avenir se joue maintenant dans sa capacité à réformer en profondeur son mode de gouvernance interne et à reprendre la main sur une coalition dont les intérêts divergent de plus en plus des siens. L’enjeu dépasse la simple querelle de personnes ; il touche à la stabilité même de la majorité présidentielle et, par extension, à la capacité du gouvernement à mener à bien son mandat. Le parti parviendra-t-il à se réinventer face aux impitoyables réalités du pouvoir, ou sombrera-t-il, victime des mêmes mécanismes qu’il a parfois dénoncés ? La suite des événements nous le dira, mais l’heure est indéniablement à la vigilance.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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