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Démantèlement fumoirs Mangina : l’opération choc contre les bandits armés au Nord-Kivu

Une opération d’envergure a été lancée par les services de défense et de sécurité ce vendredi 20 février dans la commune rurale de Mangina, située à une trentaine de kilomètres de la ville de Beni, au Nord-Kivu. Cette intervention ciblée, qui s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation de la région, a pour objectif principal le démantèlement systématique des fumoirs et des maisons de tolérance identifiés comme des nids d’insécurité et de débauche.

L’initiative fait suite à une alerte urgente émise par la société civile locale de Mangina. Les activistes avaient en effet tiré la sonnette d’alarme concernant la prolifération de ces établissements, soupçonnés de servir de cachettes et de bases de repli à des bandits armés sévissant dans le Nord-Kivu. Au-delà de la menace sécuritaire, la société civile dénonçait une dépravation accélérée des mœurs, mettant en péril la jeunesse et la cohésion sociale de la localité. Cette double problématique a ainsi contraint les autorités à une réponse musclée et immédiate.

Comment une telle situation a-t-elle pu se développer en périphérie de Beni, une ville déjà éprouvée par des années de conflit ? L’opération de sécurité menée au Nord-Kivu semble répondre à cette interrogation par l’action directe. Les premières heures de l’intervention ont vu les forces de l’ordre investir plusieurs sites, procédant à des fermetures et à des interpellations. Le caractère déterminé de cette action montre une volonté claire de reprendre le contrôle de zones où l’État de droit était mis à mal par des activités illicites.

Les réactions sur le terrain sont majoritairement favorables. Les activistes des droits de l’homme, à l’origine de la mobilisation, saluent cette initiative tant attendue. Ils insistent sur la nécessité de poursuivre l’effort sans relâche. « Il ne faut pas s’arrêter, parce que s’il y a une trêve, ces gens vont se réorganiser », a déclaré Musubao Kiwanza, l’un des porte-paroles de la société civile de Mangina. Son message est sans équivoque : seule une action continue garantira des résultats durables. Il a exprimé sa gratitude envers le comité de sécurité local et l’auditorat militaire tout en les encourageant à persévérer jusqu’à l’éradication complète du chanvre et des fumoirs.

La cible ne se limite pas aux seuls lieux de consommation de drogue. Les maisons de tolérance disséminées autour de Beni sont également dans le collimateur des autorités. Les défenseurs des droits humains les accusent de jouer un rôle bien plus sinistre que la simple prostitution. Selon eux, ces endroits serviraient de planques opérationnelles pour des groupes armés, facilitant leurs mouvements et leurs trafics. Pire, ils sont décrits comme des espaces de destruction massive pour la jeunesse, où « les enfants sont en train d’être détruits », selon les termes choisis de Musubao Kiwanza. La morale des adolescents, filles et garçons confondus, y serait gravement corrompue, ajoutant une dimension sociale critique à l’urgence sécuritaire.

Cette opération de démantèlement à Mangina pose une question fondamentale sur la gouvernance locale et la sécurité communautaire. Est-ce le signe d’un réengagement des institutions étatiques dans la lutte contre les racines profondes de l’insécurité ? L’implication du comité de sécurité de Mangina, appuyé par les échelons supérieurs, laisse entrevoir une approche coordonnée. La société civile, vigilante, appelle désormais l’État congolais à maintenir la pression et à étendre ce modèle d’intervention. Le défi est de taille : il s’agit de transformer une opération coup de poing en une politique publique pérenne capable d’assainir durablement l’environnement social et sécuritaire.

Le bilan immédiat de cette journée du 20 février reste à préciser en termes d’arrestations et de structures démantelées. Cependant, le signal envoyé est fort. Il démontre que la mobilisation citoyenne, couplée à une réponse institutionnelle déterminée, peut engendrer des actions concrètes contre les bandits armés du Nord-Kivu. La route sera longue, mais le premier pas, salué par la population, est franchi. La suite des événements dira si cette impulsion suffira à tarir les sources de l’insécurité et de la déviance dans la région de Beni, ou si elle ne sera qu’un feu de paille dans un paysage complexe. La continuité annoncée de l’opération sera le véritable test de son efficacité.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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