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La PNC s’attaque à l’impunité : lancement d’un plan choc contre les violences sexuelles de ses agents

Un vent de réforme officiel a soufflé sur Kinshasa. L’État congolais, par la voix de son ministère de l’Intérieur, a présenté avec solennité son nouveau plan de bataille contre un fléau qui mine son autorité : les violences sexuelles commises par ses propres policiers. Ce Plan d’action quinquennal (PAQVS 2025-2029) de la Police nationale congolaise (PNC) a été dévoilé ce jeudi 19 février 2026, dans la capitale, marquant une étape cruciale dans la lutte contre l’impunité policière. L’événement, soutenu par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, se veut le signal d’un changement de culture profond au sein de l’institution.

La volonté affichée est sans équivoque. Il ne s’agit pas d’un simple document de plus, mais d’un outil de gouvernance et de redevabilité. Le plan repose sur un triptyque simple mais ambitieux : Prévenir, Réprimer, Protéger. Pour la vice-ministre de l’Intérieur, Eugénie Tshiela Kamba, ce cadre traduit concrètement les engagements internationaux de la RDC. Le message aux uniformes est clair : l’autorité ne justifie jamais l’abus, et l’uniforme ne protège pas le crime. La lutte contre les violences basées sur le genre devient désormais un critère d’évaluation du commandement, un test de loyauté envers la République.

Comment ce plan d’action quinquennal de la PNC compte-t-il transformer la réalité sur le terrain ? La prévention passe par une refonte de la culture institutionnelle. Formation, discipline, éthique et intégration de l’approche genre sont les piliers annoncés. L’objectif est de transformer en profondeur les mentalités et les pratiques au sein des commissariats et des unités mobiles. La répression, elle, promet d’être implacable. Le gouvernement s’engage à appliquer la loi sans complaisance ni corporatisme. Tout agent reconnu coupable de violences sexuelles devra en répondre devant la justice, sans possibilité de se cacher derrière son statut.

Le volet protection place la victime au centre de l’action policière. Garantir sa sécurité, sa dignité et son accès à la justice est présenté comme une priorité absolue. Cette approche vise à restaurer une confiance profondément érodée entre la population et sa police. Le gouvernement reconnaît ainsi que sans la protection des témoins et des survivants, aucune poursuite efficace n’est possible. La crédibilité de toute cette entreprise repose sur cet engagement.

Les partenaires internationaux, présents lors de la cérémonie, ont salué cette initiative. Le coordonnateur de l’Unité justice transitionnelle de la MONUSCO, Coulibaly Souleymane Kafana, a reconnu les efforts significatifs de la RDC. Il a rappelé que le « modèle congolais » de lutte contre les violences sexuelles est désormais cité en exemple. Cependant, cet encouragement est assorti de recommandations pressantes : intensifier la lutte contre l’impunité, y compris lorsque des policiers sont impliqués, et assurer une protection totale des victimes. Le chemin reste long, malgré les plans successifs.

En effet, ce nouveau plan quinquennal succède à un plan triennal dont les résultats ont été jugés insuffisants. Les autorités policières congolaises ont reconnu cet échec partiel. La recrudescence des violences sexuelles liées aux conflits dans l’Est du pays, documentée par de multiples sources, a conduit à une réévaluation urgente des stratégies. Le commissaire général adjoint François Aba Van Ang a évoqué ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui fragilisent la stabilité régionale. Les femmes, les filles et les enfants en restent les premières victimes.

La mise en œuvre effective sera le véritable test. La vice-ministre Tshiela Kamba a insisté sur la responsabilité première de l’État congolais et de la PNC. Si l’accompagnement des partenaires techniques et de la société civile est jugé indispensable, le leadership doit venir de l’intérieur. La réussite de cette réforme structurante est perçue comme fondamentale pour bâtir une police républicaine, professionnelle et respectueuse des droits humains. L’enjeu dépasse la sécurité pour toucher à la légitimité même de l’État.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte politique plus large. Le Président Félix Tshisekedi a récemment institué une task-force permanente pour évaluer les engagements de la RDC dans ce domaine. Cette décision, actée en Conseil des ministres, répond à une situation qualifiée d’alarmante. Le nouveau plan d’action quinquennal de la PNC apparaît ainsi comme la pierre angulaire opérationnelle de cette volonté politique affichée au plus haut niveau.

La Police nationale congolaise peut-elle enfin tourner la page des violences sexuelles et basées sur le genre ? Le plan présenté à Kinshasa en trace le chemin théorique. Sa force résidera dans son application concrète, dans la traduction des principes en actes judiciaires et en changements de comportement quotidiens. La population, et surtout les survivantes, attendront des preuves tangibles. La fin de l’impunité policière n’est plus une option, mais une exigence pour la paix et la justice en République Démocratique du Congo. Les cinq prochaines années seront déterminantes.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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