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Cour Militaire Kinshasa : Ouverture imminente du procès pour torture d’adolescents dans l’affaire Mushobekwa contre l’ANR

La Cour Militaire de Kinshasa/Gombe a rendu publique, ce vendredi 20 février, sa décision de fixer au jeudi 26 février prochain la première audience de l’affaire hautement sensible opposant Claudien Likulia, fils de l’ancienne ministre des Droits humains Marie-Ange Mushobekwa, à Philémon Mambabwa Zebo, administrateur principal et chef du département d’appui à l’Agence Nationale des Renseignements (ANR). Cette saisine de la juridiction militaire, située au 46, avenue Lubefu dans la Gombe, marque le début officiel du traitement judiciaire de graves accusations de séquestration et de torture portées contre un cadre des services de renseignement.

Les faits à l’origine de cette procédure remontent à la nuit du 21 décembre 2025. Selon les déclarations publiques de Mme Mushobekwa, ses deux enfants mineurs, Claudien et Christopher Likulia, respectivement âgés de 18 et 17 ans, ainsi qu’un ami de 17 ans, ont été victimes d’un enlèvement et de sévices dans la résidence privée de Philémon Mambabwa. L’ancienne ministre et députée nationale affirme que sept policiers et militaires, agissant sur ordre du responsable de l’ANR, ont procédé à la séquestration, au ligotage, au tabassage et à la torture des trois adolescents. Une opération qu’elle décrit comme une « décision arbitraire, brutale et disproportionnée, prise hors de tout cadre légal », d’autant que les jeunes gens, non armés et non recherchés, se trouvaient dans la résidence suite à une invitation de proches de la famille Mambabwa.

Les conséquences de cette nuit de violence, toujours selon le récit de la plaignante, seraient lourdes et durables. Marie-Ange Mushobekwa a décrit des séquelles physiques importantes chez ses enfants, allant d’hématomes visibles à une incapacité fonctionnelle de la main droite pour l’un d’entre eux, en passant par des difficultés à s’asseoir. Au-delà des blessures corporelles, elle a évoqué des traumatismes psychologiques persistants, dressant le tableau d’une agression d’une rare brutalité.

Lors d’une conférence de presse tenue avant la saisine de la Cour Militaire, l’ancienne ministre avait fermement dénoncé ce qu’elle qualifie d’« abus de pouvoir personnel » et d’« affaire d’État ». Son discours pointait du doigt l’absence de sanctions administratives ou judiciaires dans les trois semaines ayant suivi les événements, estimant que cette inertie engageait directement la responsabilité des autorités compétentes, notamment le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice. Pour elle, cette affaire dépasse le cadre d’un simple conflit individuel : « Ce n’est pas une affaire politique, c’est un test moral pour l’État », a-t-elle déclaré, lançant un appel pressant pour un procès équitable et une assumption des responsabilités par les plus hautes sphères de l’État.

L’ouverture de cette procédure devant la Cour Militaire de Kinshasa soulève d’emblée plusieurs questions cruciales sur le fonctionnement des institutions et la protection des citoyens. Comment des adolescents non suspectés d’aucun délit ont-ils pu faire l’objet d’une telle violence de la part d’agents supposés assurer la sécurité ? La justice militaire saura-t-elle faire toute la lumière sur le rôle exact de Philémon Mambabwa et sur la chaîne de commandement présumée ? Cette affaire constituera-t-elle un tournant dans la lutte contre l’impunité au sein des services de sécurité en République Démocratique du Congo ?

La première audience du jeudi 26 février sera donc scrutée avec attention par la société civile, les défenseurs des droits humains et la classe politique. Elle déterminera le cadre procédural dans lequel s’inscrira ce dossier complexe. La Cour Militaire devra notamment statuer sur la recevabilité des éléments apportés par la défense de Claudien Likulia, représenté par sa mère, et entendre les premières dépositions. La présence d’un haut cadre de l’ANR sur le banc des mis en cause confère à ce procès une dimension symbolique forte, testant la capacité de la justice congolaise à trancher des litiges impliquant ses propres services de renseignement. La suite des débats permettra de savoir si les allégations de torture sur des adolescents, sévèrement réprimées par le droit national et international, seront étayées par des preuves tangibles et donneront lieu à des mises en examen.

L’issue de cette affaire Mushobekwa ANR est attendue comme un signal puissant sur l’état de droit en RDC. Entre la recherche de la vérité et les impératifs de justice, le procès de Philémon Mambabwa s’annonce comme une étape judiciaire majeure, potentiellement lourde de conséquences pour la réputation des institutions de sécurité et la confiance des citoyens envers un système judiciaire souvent décrié. La balle est désormais dans le camp de la Cour Militaire de Kinshasa, dont les prochaines décisions seront déterminantes.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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