Un silence de près d’un mois a enfin pris fin dans plusieurs zones des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 février, les réseaux de téléphonie mobile ont été progressivement rétablis, redonnant voix et connexion à des milliers d’abonnés privés de ces services essentiels. Ce rétablissement réseau mobile Nord-Kivu et Sud-Kivu intervient après une période d’interruption qui avait profondément bouleversé la vie socio-économique des populations concernées.
Les territoires de Nyiragongo, Rutshuru, Lubero, Masisi et Walikale au Nord-Kivu, ainsi que celui de Kalehe au Sud-Kivu, ont retrouvé le signal des opérateurs Vodacom, Orange et Airtel. Selon les témoignages recueillis, le retour à la normale a débuté aux alentours de 23 heures. Pour les habitants de ces régions, souvent en proie à l’insécurité, cette reconnexion est bien plus qu’une simple commodité technique ; elle représente une bouffée d’oxygène. « Nous avons capté le signal depuis 23 heures lundi. Finis les appels impossibles, les messages bloqués et l’Internet fantôme », confie un résident, visiblement soulagé. Cette reprise des communications permet la reprise des échanges familiaux, améliore la circulation de l’information et facilite même des transactions cruciales comme la paie des enseignants et du personnel soignant en zones rurales via les services de paiement mobile.
Les conséquences coupure communication ont été sévères et multifacettes. Durant près de trente jours, communiquer relevait du parcours du combattant. Certains étaient contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour atteindre des points où un semblant de réseau subsistait. Cette rupture a eu des répercussions majeures sur l’économie locale, perturbant la coordination des activités commerciales et compliquant les transactions. Les opérations de conservation, notamment celles du Parc national des Virunga, ont également été impactées. Dans un contexte déjà fragile, l’accès à l’information s’était considérablement réduit, isolant davantage les communautés.
Les acteurs humanitaires et sanitaires n’ont pas été épargnés. Comment coordonner les interventions d’urgence sans moyen de communication fiable ? Comment déclencher des alertes rapides en cas de crise sanitaire ou sécuritaire ? Cette panne téléphonie Sud-Kivu et Nord-Kivu a mis en lumière la vulnérabilité des systèmes de réponse dans des zones où la connectivité est un lien vital avec le monde extérieur. La paralysie des réseaux a exposé les limites de la résilience locale face à des chocs infrastructurels.
Si le soulagement est palpable, les questions sur les origines de cette perturbation restent entières. Quelles sont les causes perturbation réseau RDC qui ont plongé ces régions dans un isolement numérique aussi long ? À ce jour, ni les autorités provinciales ni les entreprises de télécommunication n’ont publié de communication officielle circonstanciée sur l’incident. L’opacité entourant les causes alimente les spéculations et souligne le manque de transparence dans la gestion de ce secteur critique.
Selon des informations techniques préliminaires rapportées par un agent de Vodacom à Walikale avant le rétablissement, la panne aurait pris naissance à Kinshasa. De fortes pluies auraient endommagé des équipements de liaison satellitaire critiques situés à Maluku, provoquant ainsi des perturbations en cascade à travers le pays. Cette hypothèse, si elle était confirmée, révélerait la fragilité de l’infrastructure nationale de télécommunications et sa dépendance à des points névralgiques uniques. Les opérateurs Vodacom Orange Airtel RDC sont-ils suffisamment préparés à gérer de tels défaillances systémiques et à en atténuer l’impact sur leurs abonnés, surtout dans les zones les plus reculées ?
Le retour du réseau est une bonne nouvelle, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité d’une explication claire et d’engagements pour renforcer la résilience du système. Les populations des Kivu ont payé un lourd tribut pendant cette coupure, tant sur le plan économique que social. Cet incident sert de rappel criant : dans le Congo d’aujourd’hui, la connectivité n’est plus un luxe, mais une utilité publique essentielle au développement, à la sécurité et à la cohésion sociale. Les autorités régulatrices et les opérateurs ont une responsabilité partagée pour garantir la continuité de ce service et prévenir de telles ruptures à l’avenir.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
