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Sud-Kivu : un an après la chute de Bukavu, l’engrenage de la guerre persiste

Un an après la chute spectaculaire de Bukavu, la capitale provinciale du Sud-Kivu, entre les mains de la rébellion du M23, le calvaire des populations de l’Est de la République Démocratique du Congo semble loin de prendre fin. Les espoirs nés des accords de Washington et de Doha, censés apaiser les tensions, se heurtent à la réalité d’un terrain toujours aussi instable et meurtrier. Quel avenir pour une région en proie à des décennies de violence ?

Dans les rues de Bukavu et à travers le Sud-Kivu, le constat est amer. Interrogés à l’occasion de ce triste anniversaire, des habitants expriment un désarroi profond. Ils constatent, impuissants, que malgré les promesses de paix, la situation sécuritaire est loin de s’améliorer. Au contraire, les belligérants, qu’il s’agisse des Forces Armées de la RDC (FARDC) soutenues par les miliciens Wazalendo, ou des groupes rebelles, ne cessent de renforcer leurs positions militaires, préparant le terrain à de nouveaux affrontements.

Le front est particulièrement actif dans la partie Sud de la province. Les hauts plateaux de Minembwe, ainsi que les territoires de Fizi et Mwenga, sont le théâtre d’hostilités presque quotidiennes. Les combats y opposent les FARDC et les Wazalendo à une coalition de groupes armés locaux, notamment Twirwaneho, Gumino et Android, alliés à l’AFC-M23 et, selon plusieurs sources, soutenus par l’armée rwandaise (RDF). Cette situation perpétue un cycle de violence qui empêche toute tentative de pacification Kivu.

Le souvenir du 16 février 2024 reste vif et traumatisant pour les Bukaviens. La ville était tombée sans la moindre résistance, un scénario qui continue d’interroger et de hanter les mémoires. Les forces de sécurité de l’État avaient mystérieusement abandonné leurs positions un jour avant l’arrivée des rebelles, laissant la population totalement vulnérable. Le jour J, la prise de Bukavu a plongé la cité dans une psychose indescriptible. Des armes abandonnées par l’armée en déroute se sont retrouvées entre les mains de civils, parfois mineurs, provoquant des tirs nourris et désordonnés dans tous les quartiers.

La confusion était totale. Terrés chez eux, les habitants, traumatisés, écoutaient les détonations crépiter sans pouvoir identifier leur origine ni leur cible. Cette journée, symbole d’un effondrement de l’autorité de l’État, marque le début d’une nouvelle phase d’instabilité pour la région. Depuis, le calvaire des civils n’a fait que s’accroître, entre exactions, déplacements forcés et économie paralysée.

Face à cette impasse, les regards se tournent désormais vers la diplomatie. Les accords de Washington, conclus sous médiation américaine, et ceux de Doha, sont perçus par une partie de la population comme une ultime bouée de sauvetage. Ces habitants fatigués par la guerre espèrent que ces cadres politiques pourront enfin imposer un cessez-le-feu durable et engager un processus de désarmement crédible. Cependant, sur le terrain, les signes d’une application effective de ces accords peinent à se manifester, alimentant un scepticisme croissant.

La communauté internationale est-elle capable de contraindre les différentes parties à respecter leurs engagements ? La persistance des combats, un an après un événement aussi marquant que la chute d’une grande ville, laisse planer un doute sérieux. La dynamique actuelle suggère que les groupes armés Est RDC et les forces gouvernementales se préparent moins à la paix qu’à une prolongation du conflit Sud-Kivu.

L’anniversaire de la chute de Bukavu n’est donc pas une simple commémoration, mais un rappel cru de l’échec des stratégies sécuritaires passées et un signal d’alarme pour l’avenir. Tant que les racines de ce conflit complexe – impliquant des acteurs locaux, nationaux et régionaux – ne seront pas traitées, les accords de paix risquent de rester lettres mortes. La population du Sud-Kivu, prise en étau, continue de payer le prix le plus lourd, dans l’attente d’une véritable pacification Kivu qui tarde à se dessiner à l’horizon.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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