La ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, tourne une page cruciale de son histoire sanitaire avec l’inauguration, ce samedi 14 février, d’un centre hospitalier ultramoderne. Cette réalisation majeure, portée par la promotrice Francine Muutumoya, répond à un besoin criant : offrir des soins de santé de qualité et accessibles à toutes les couches de la population congolaise, en particulier celles du Grand Nord. Mais comment ce nouvel établissement va-t-il concrètement changer la donne pour des milliers de patients ?
Dans des régions comme la Tshopo, l’accès à des infrastructures médicales modernes reste un défi quotidien. Le déficit en équipements spécialisés obligeait, jusqu’à présent, à des transferts périlleux et coûteux vers Kinshasa ou même à l’étranger. Ces évacuations médicales, souvent urgentes, n’étaient pas seulement une épreuve pour les familles, mais aussi un risque accru pour la santé des patients. Le nouveau centre médical Tshopo, avec ses 80 lits, se présente donc comme une véritable bouée de sauvetage pour la région.
Qu’est-ce qui rend cet hôpital à Kisangani si innovant ? « Nous disposons d’une colonne d’endoscopie, une spécialité innovante. Les patients pourront désormais bénéficier de ce service ici. Nous avons la dialyse, le scanner pour la précision des diagnostics, et également un service de neurochirurgie… », détaille le Dr Landry Shulungu, manager de l’établissement. L’imagerie de précision, comme le scanner, permet de diagnostiquer rapidement des pathologies complexes (tumeurs, traumatismes crâniens) sans perdre de temps précieux. La présence d’un service de dialyse est une révolution pour les patients souffrant d’insuffisance rénale, évitant des trajets épuisants.
L’impact sur la chaîne des soins santé en RDC est potentiellement immense. En réduisant de manière significative le besoin d’évacuation médicale vers d’autres villes, ce centre permet non seulement de sauver des vies grâce à une prise en charge rapide, mais aussi de réaliser d’importantes économies pour les familles et le système de santé public. Pensez à un patient atteint d’une hémorragie cérébrale : chaque minute compte. Pouvoir opérer sur place en neurochirurgie plutôt que d’organiser un transport périlleux fait la différence entre la vie et la mort, ou entre une récupération complète et des séquelles graves.
Au-delà des soins directs, l’équipement hospitalier de dernière génération dont est doté ce centre en fait un pôle d’excellence pour la formation. « Ce centre constituera également un lieu de formation et d’apprentissage », confirme le Dr Shulungu. L’objectif est double : favoriser la recherche scientifique locale et renforcer durablement les compétences des futurs médecins, infirmiers et techniciens du Grand Nord. Cette approche est essentielle pour créer un cercle vertueux et ancrer l’expertise médicale dans la région.
Lors de l’inauguration, le vice-gouverneur Didier Lomoyo a adressé une mise en garde solennelle au personnel. « Respectez le serment d’Hippocrate. L’argent ne remplacera jamais la conscience professionnelle. Que l’accueil soit chaleureux et les soins de qualité… ». Ce rappel est fondamental. La meilleure technologie du monde ne vaut rien sans l’engagement humain et l’éthique des soignants. La réussite de cet hôpital à Kisangani dépendra de cette alliance entre l’innovation technique et la déontologie médicale.
En conclusion, l’ouverture de ce centre médical ultramoderne est bien plus qu’une simple nouvelle infrastructure. C’est un signal fort pour l’amélioration des soins de santé en RDC, en particulier dans ses régions périphériques. Pour les habitants de la Tshopo et du Grand Nord, c’est l’espoir d’une médecine de proximité, précise et digne. La route est encore longue pour combler tous les déficits, mais ce projet concret montre qu’avec une vision claire et des investissements ciblés, il est possible de faire reculer les frontières de l’inégalité d’accès aux soins en République Démocratique du Congo.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
