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ZLECAF : Les chefs d’État africains lancent l’offensive pour un marché unique à Addis-Abeba

Alors que s’ouvre le 39ᵉ Sommet ordinaire de l’Union africaine à Addis-Abeba, un événement parallèle capte l’attention des observateurs économiques : la première réunion du Comité des chefs d’État chargé de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Présidée par le président kényan William Ruto, cette séance inaugurale, tenue ce vendredi 13 février, marque-t-elle le passage des promesses à l’action concrète pour cette ambitieuse architecture économique ?

La ZLECAF, projet phare de l’intégration économique africaine, vise à créer le plus grand marché unique au monde en nombre de pays participants. Son objectif cardinal : dynamiser le commerce intra-africain, historiquement atone, pour en faire un véritable levier de croissance, d’industrialisation et de compétitivité. Les chefs d’État, réunis en comité restreint, ont réaffirmé avec une solennité particulière leur engagement à accélérer le processus. Cette volonté politique affichée à Addis-Abeba sonne-t-elle le glas des lenteurs bureaucratiques qui ont souvent entravé les grands projets panafricains ?

Les déclarations finales appellent les États membres à une transformation profonde de leurs politiques publiques. Les secteurs jugés prioritaires – commerce, agriculture, industrie, énergie et infrastructures – devront être repensés pour lever les barrières structurelles qui étouffent les échanges. La tâche est colossale. Elle implique une harmonisation réglementaire, des investissements massifs dans les corridors logistiques et une révision des fiscalités nationales, souvent conçues pour protéger des marchés locaux plutôt que pour favoriser les flux transfrontaliers.

Porte-voix du président congolais Félix Tshisekedi, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a apporté une contribution pragmatique au débat. Il a plaidé pour une approche transversale et inclusive, mobilisant au-delà des ministères du Commerce, ceux des Finances et des secteurs productifs. Son intervention a surtout mis en lumière le dilemme fiscal auquel font face de nombreux gouvernements, dont celui de la République Démocratique du Congo. En effet, la suppression progressive des droits de douane, pierre angulaire de la ZLECAF, menace à court terme une manne financière cruciale pour les budgets nationaux.

« Il faut dépasser les craintes liées à une éventuelle baisse immédiate des recettes douanières », a-t-il affirmé, invitant à un pragmatisme économique tourné vers l’avenir. Selon lui, les États doivent privilégier les gains structurels à moyen et long terme : diversification économique, création d’emplois industriels, baisse des prix pour les consommateurs grâce à une concurrence accrue, et attraction des investissements. Pour illustrer son propos, le ministre a cité en exemple les succès de l’Union européenne et du MERCOSUR en Amérique du Sud, deux blocs qui ont su transformer une union douanière en puissant moteur de développement.

Les défis restent néanmoins immenses. La faiblesse des infrastructures de transport, la persistance de barrières non tarifaires et les asymétries de développement entre les économies africaines constituent des obstacles redoutables. La réussite de la ZLECAF dépendra de la capacité des dirigeants à mener des réformes domestiques impopulaires à court terme pour des bénéfices collectifs futurs. L’Afrique parviendra-t-elle à transformer ce vaste marché théorique de 1,3 milliard de consommateurs en une réalité économique intégrée et prospère ?

Cette réunion inaugurale à Addis-Abeba, bien que symbolique, envoie un signal fort. Elle institutionnalise le suivi politique du dossier au plus haut niveau, une condition sine qua non pour maintenir la dynamique. En faisant de la ZLECAF une priorité absolue du sommet de l’Union africaine, les dirigeants continentaux reconnaissent que l’intégration économique n’est plus une option, mais une nécessité pour assurer la souveraineté et la résilience du continent face aux chocs géoéconomiques mondiaux. Le chemin sera long et semé d’embûches, mais le premier pas, résolument politique, vient d’être franchi.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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