Une psychose s’est installée à Lutendele. Dans ce quartier populaire de la commune de Mont-Ngafula, à Kinshasa, les nuits ne sont plus synonymes de repos. Elles sont devenues des heures de terreur et de vigilance forcée. Une recrudescence alarmante d’attaques nocturnes par des bandits armés plonge les riverains dans un état d’angoisse permanent.
Le mode opératoire est systématique et brutal. Sous le couvert de l’obscurité, des individus lourdement armés forcent les portes des habitations. Leur objectif est simple : extorquer par la menace tout ce qui a de la valeur. Argent liquide, téléphones portables, ordinateurs et autres biens électroniques sont systématiquement saisis. Les habitants se retrouvent ainsi dépossédés, dans leur propre domicile, face à des malfrats déterminés.
La situation sécuritaire dans ce secteur de la capitale congolaise se dégrade à une vitesse préoccupante. Ce qui pourrait n’être qu’un fait divers isolé prend l’allure d’une campagne de criminalité organisée. Les nuits à Lutendele sont désormais rythmées par la peur d’une effraction. Comment une telle insécurité a-t-elle pu s’installer aussi durablement ? La question hante tous les esprits.
Les témoignages, bien que difficiles à recueillir par crainte de représailles, décrivent des scènes de violence psychologique. Les bandits, souvent en groupe, opèrent avec un sentiment d’impunité total. La rapidité de leurs interventions et leur connaissance apparente des lieux laissent penser à un travail de repérage en amont. Cette criminalité à Mont-Ngafula n’est donc plus le fruit du hasard, mais le résultat d’une planification méthodique.
Face à cette vague de vols nocturnes à Kinshasa, les habitants se sentent abandonnés. L’absence de patrouilles de police régulières et visibles durant les heures critiques est vivement dénoncée. Le sentiment d’insécurité est tel que des initiatives communautaires de veille commencent à émerger. Des groupes de jeunes se relaient pour tenter de surveiller les ruelles sombres, une solution palliative et risquée face à des individus armés.
L’appel lancé aux autorités compétentes est un cri du cœur. Les riverains de Lutendele demandent une intervention urgente et musclée des forces de l’ordre. La sécurisation du quartier par un déploiement policier renforcé, notamment la nuit, est présentée comme la mesure immédiate indispensable. La neutralisation de ces réseaux criminels devient une priorité absolue pour restaurer un minimum de quiétude.
Pourtant, la réponse officielle se fait attendre. Les tentatives pour obtenir une réaction de l’autorité locale, en l’occurrence le bourgmestre de la commune de Mont-Ngafula, sont restées vaines. Ce silence nourrit l’inquiétude et un certain désarroi parmi la population. L’inaction perçue des responsables peut-elle être interprétée comme une forme de négligence ? La sécurité des citoyens doit pourtant rester la première mission de toute autorité.
Les conséquences de cette insécurité à Kinshasa dépassent le simple cadre matériel. Le traumatisme psychologique est profond. Les enfants ont peur de s’endormir, les adultes vivent sur leurs nerfs. L’impact sur la santé mentale des familles est considérable. L’économie locale pâtit également de cette réputation de zone dangereuse, décourageant les petits commerces et les activités nocturnes.
La problématique de la sécurité dans le quartier Lutendele pose une question plus large sur la gouvernance sécuritaire dans les périphéries de la capitale. Mont-Ngafula, comme d’autres communes, semble parfois éloignée de l’attention des dispositifs centraux de maintien de l’ordre. Cette situation met en lumière les failles d’un système qui peine à protéger uniformément tous les Kinois.
Il est impératif que cette spirale de la violence soit brisée. La résolution de cette crise de criminalité nécessite une approche multidimensionnelle. Un renseignement opérationnel pour identifier et démanteler les cellules de bandits est crucial. Parallèlement, un travail de confiance avec la population doit être engagé pour encourager le signalement des actes suspects sans crainte.
L’heure est à l’action. Les nuits de terreur à Lutendele doivent cesser. La balle est désormais dans le camp des autorités policières et communales. La crédibilité de leur engagement en faveur de la protection des biens et des personnes se joue dans leur capacité à répondre avec efficacité et célérité à cette urgence sécuritaire. Les habitants, eux, attendent, espèrent et guettent le moindre signe d’une amélioration de leur quotidien devenu un cauchemar.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
