Dans une déclaration récente, le commissaire principal Ruffin Mapela, administrateur du territoire de Djugu en Ituri, a exprimé son optimisme quant au rôle du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRCS) dans la consolidation des efforts de pacification. Cette annonce intervient dans un contexte où la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo, cherche à tourner la page des violences armées récurrentes.
Le commissaire Mapela a salué les groupes armés qui ont accepté de suivre les recommandations issues des rencontres d’Aru 1 et Aru 2. Ces dialogues, tenus dans la ville d’Aru, ont permis d’établir des bases pour une paix durable. “C’est déjà un premier pas pour nous de voir ces jeunes porteurs d’armes accepter de se rencontrer et de rechercher des solutions pour la paix”, a-t-il déclaré. Selon lui, le PDDRCS doit accompagner ces jeunes afin qu’ils mettent en œuvre les résolutions adoptées lors de ces rencontres.
Le PDDRCS, programme gouvernemental soutenu par des partenaires internationaux, vise à désarmer les combattants, à les démobiliser et à les réintégrer dans la société. À Djugu, territoire historiquement marqué par les conflits intercommunautaires, le désarmement est perçu comme une étape cruciale. La pacification de l’Ituri dépend en grande partie de la réussite de telles initiatives.
Cependant, des obstacles persistent. Ruffin Mapela a reconnu qu’un groupe armé continue de perturber la situation sécuritaire. Sans nommer explicitement ce groupe, il a assuré que tout serait fait pour l’associer au programme de paix. “Il y a toujours des difficultés auxquelles il faut trouver des solutions. Puisque d’autres groupes armés ont accepté d’adhérer à ce programme et de remettre les armes, nous allons continuer à nous appuyer sur cette dynamique afin que la paix revienne totalement dans l’ensemble du territoire”, a-t-il affirmé.
La question se pose : le PDDRCS peut-il réellement apporter une solution durable ? Les experts soulignent que le désarmement doit s’accompagner de mesures socio-économiques pour prévenir les rechutes. À Aru, les discussions ont ouvert la voie, mais la mise en œuvre sur le terrain reste un défi. Les groupes armés qui ont participé aux dialogues montrent une volonté de changement, mais la frange récalcitrante nécessite une attention particulière.
Le commissaire Mapela, en sa qualité d’autorité politico-administrative, promet de tout mettre en œuvre pour étendre le programme à tous les miliciens. Cette approche inclusive est essentielle pour éviter que des éléments marginalisés ne perpétuent les cycles de violence. La stabilisation de l’Ituri passe par une coordination entre les acteurs locaux, nationaux et internationaux.
En conclusion, l’optimisme de Ruffin Mapela repose sur des progrès tangibles. Les rencontres d’Aru ont créé un momentum qu’il faut capitaliser. Le PDDRCS, avec son volet de relèvement communautaire, offre un cadre pour reconstruire la confiance et développer les zones affectées. Mais la route est encore longue. La pacification de l’Ituri nécessitera patience, ressources et engagement continu de toutes les parties prenantes.
Pour l’heure, les habitants de Djugu et de l’ensemble de l’Ituri espèrent que le désarmement progressif des groupes armés permettra de restaurer une sécurité durable. Le commissaire Ruffin Mapela, par ses déclarations, cherche à mobiliser les énergies autour de cette priorité. L’avenir dira si le PDDRCS tiendra ses promesses dans cette région meurtrie par les conflits.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
