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Suspension de la CDM : Marie Nyange frappe fort contre la pollution minière au Katanga

Une fois de plus, les terres du Haut-Katanga saignent sous l’effet d’une industrie minière sourde aux alarmes écologiques. En novembre 2025, le débordement catastrophique d’un bassin de rejet de la société CDM a déversé un flot d’eaux acides, rongeant les sols et menaçant les cours d’eau aux abords de Lubumbashi. Un désastre prévisible, symptôme d’un mépris chronique pour les normes environnementales. Ce mercredi 4 février, le gouvernement a finalement brandi la sanction : la ministre de l’Environnement, Marie Nyange, a ordonné la suspension immédiate et totale des activités de la CDM. Un acte d’autorité rare, matérialisé par le scellement du site, qui envoie un message glaçant à tout le secteur. La reprise des opérations est désormais conditionnée à une évaluation approfondie des risques, marquant un tournant dans la gestion des catastrophes environnementales.

Mais cette suspension de la CDM n’est qu’un premier pas, un pansement sur une plaie béante. La pollution aux eaux acides à Lubumbashi a mis en lumière la vulnérabilité extrême des écosystèmes face aux rejets toxiques non maîtrisés. Comment une telle fuite a-t-elle pu se produire ? Quels dispositifs de sécurité ont fait défaut ? Pour répondre à ces questions cruciales et prévenir toute nouvelle catastrophe, Marie Nyange a décidé de la mise sur pied d’une commission d’experts mêlant compétences nationales et internationales. Sa mission est sans équivoque : disséquer les causes techniques et structurelles de l’incident, identifier les défaillances coupables et proposer des garde-fous durables. Le Haut-Katanga, épine dorsale minière du pays, ne peut plus se permettre d’être le théâtre silencieux d’empoisonnements à répétition.

Lors d’une rencontre tendue avec les opérateurs miniers de la province, la ministre a été intraitable. Le message est clair et « non négociable » : l’ère du laisser-faire environnemental est révolue. « Notre démarche vise à instaurer une exploitation minière respectueuse des normes environnementales et conforme aux engagements internationaux du pays. La pollution ne sera plus tolérée », a-t-elle martelé. Cette fermeté sonne comme un ultimatum adressé à une industrie longtemps habituée à une certaine impunité. Le gouvernement affiche désormais une ligne directrice plus stricte : accompagner le développement industriel, oui, mais en exigeant le respect scrupuleux, et vérifié, des obligations écologiques. Les normes ne sont plus de simples recommandations, mais des conditions sine qua non à toute activité.

Cette décision forte s’inscrit dans un contexte de pression sociétale et internationale accrue. Les populations riveraines des sites miniers, longtemps exposées aux nuisances et aux risques, réclament justice et protection. La catastrophe environnementale du Haut-Katanga de novembre dernier a servi de révélateur brutal, forçant les autorités à passer de l’incantation à l’action. La suspension de la CDM et la création d’une commission d’experts constituent une réponse à la hauteur de l’urgence. Reste à savoir si cette rigueur affichée sera durable et généralisée à l’ensemble des acteurs du secteur. L’équilibre est fragile entre la nécessaire exploitation des richesses du sous-sol et la préservation vitale des terres, de l’eau et de la santé des Congolais.

La balle est maintenant dans le camp de l’entreprise minière CDM. Elle devra non seulement prouver sa capacité à colmater les brèches techniques ayant conduit au drame, mais surtout démontrer une transformation profonde de sa culture de gestion des risques environnementaux. Les conclusions de la commission d’experts seront déterminantes. Cette affaire pourrait bien devenir un précédent, le point de bascule vers une exploitation minière enfin responsable au Congo. Le défi est immense, mais l’inaction a un coût que le pays et sa population ne peuvent plus supporter. La nature katangaise, déjà mise à rude épreuve, attend des actes concrets pour enfin panser ses plaies.

Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net

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Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
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