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Libération de Thomson Undji : l’OLPA dénonce une détention arbitraire à Baraka

La libération du journaliste Thomson Undji, après quatorze jours de détention dans les cachots de la police de Baraka, a été enregistrée ce mercredi 4 février 2026, marquant la fin d’une séquestration largement dénoncée comme arbitraire. L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) a fait part de sa satisfaction face à cette décision de justice, tout en déplorant avec vigueur un acte qu’elle qualifie d’attentatoire aux droits fondamentaux et aux principes de la liberté d’informer. Cette affaire, née dans le contexte tumultueux de l’Est de la République Démocratique du Congo, soulève des interrogations pressantes sur les pressions subies par la presse dans les zones en proie à l’instabilité.

L’interpellation de Thomson Undji, journaliste à la radio Le Messager du Peuple (RMP) basée à Uvira, remonte au 21 janvier dernier. Les forces de l’ordre de Baraka ont procédé à son arrestation sur ordre direct du chef milicien et général autoproclamé, William Amuri Yakutumba. Le motif invoqué était la diffusion d’une interview avec Willy Ngoma, porte-parole du mouvement rebelle AFC/M23, réalisée dans le sillage immédiat de la chute de la ville d’Uvira survenue le 10 décembre 2025. Cette démarche policière, exécutée sur injunction d’une figure armée non étatique, a immédiatement été perçue comme une entrave flagrante à l’exercice du journalisme.

La détention qui s’en est suivie s’est déroulée dans des conditions que les organisations de défense des droits humains n’ont pas manqué de critiquer. Pendant quatorze jours, Thomson Undji est resté incarcéré sans qu’une procédure judiciaire régulière ne semble avoir été initiée dans les délais impartis par la loi. Ce n’est que ce 4 février que le parquet a finalement ordonné sa relaxation, contre le paiement d’une caution fixée à trois cents dollars américains. Si cette libération met un terme à son emprisonnement, elle n’efface en rien le caractère discutable de son incarcération initiale. Comment un acte professionnel standard, consistant à interviewer une source dans un contexte conflictuel, peut-il justifier une privation de liberté ? La question, rhétorique, reste en suspens.

L’OLPA, dans son communiqué, a salué l’issue favorable de cette affaire mais a simultanément condamné avec fermeté la nature arbitraire de toute la séquence. L’organisation a rappelé que la détention de Thomson Undji à Baraka constituait une violation manifeste des engagements nationaux et internationaux de la RDC en matière de protection de la liberté de la presse. L’ingérence d’un chef militaire comme William Amuri Yakutumba dans le travail de la police illustre le climat de pression et d’intimidation qui peut peser sur les médias dans l’Est du pays. L’OLPA liberté presse RDC réitère ainsi son appel aux autorités congolaises pour garantir un environnement sûr et indépendant pour les journalistes, loin de toute manipulation par des groupes armés.

Cette affaire Thomson Undji n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une série d’incidents où des journalistes sont pris pour cible en raison de leur couverture des activités des multiples groupes armés opérant dans les provinces de l’Est. La libération du journaliste Uvira, bien que positive, laisse entier le problème systémique de la sécurité des reporters dans ces régions. La pratique consistant à instrumentaliser les forces de l’ordre pour régler des comptes ou museler une information critique est une menace grave pour la démocratie. Jusqu’où ces entraves à la liberté de la presse peuvent-elles aller sans une réponse judiciaire ferme et impartiale ?

Les prochaines étapes seront cruciales pour déterminer si des leçons seront tirées de cet épisode. L’OLPA et d’autres acteurs de la société civile attendent des investigations sérieuses sur les circonstances de l’interpellation et sur le rôle précis joué par William Amuri Yakutumba. La relaxation prononcée ne doit pas signifier l’impunité pour ceux qui ont ordonné une détention arbitraire. La justice congolaise est désormais interpellée pour examiner les possibles abus d’autorité et violations procédurales qui ont marqué cette affaire. La crédibilité de l’État de droit en dépend.

En définitive, la libération de Thomson Undji, saluée par l’OLPA, offre un répit bienvenu mais ne saurait faire oublier les périls auxquels sont exposés les journalistes en RDC. L’épisode de Baraka sert de rappel brutal : la liberté de la presse reste un combat quotidien dans de nombreuses régions du pays. Il appartient aux autorités, tant judiciaires que politiques, de prendre des mesures concrètes pour protéger les professionnels des médias et sanctionner ceux qui cherchent à les réduire au silence. L’actualité en République démocratique du Congo ne peut être racontée que par une presse libre et en sécurité.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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