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Miliciens Mobondo ravagent les champs de Bibonga : l’insécurité paralyse le territoire de Kwamouth

Une attaque d’une violence méthodique a frappé le village Bibonga, situé dans le territoire de Kwamouth, province du Maï-Ndombe. Ce samedi, plusieurs dizaines de miliciens Mobondo ont fait irruption dans les champs cultivés, transformant le labeur de toute une saison en un champ de désolation. Les vastes étendues de maïs, de manioc et d’arachides, sources de subsistance pour la communauté, ont été systématiquement pillées du matin jusqu’au début de la soirée. Les propriétaires, venus travailler comme à leur habitude, ont été purement et simplement chassés par ces hommes armés.

Le témoignage du chef coutumier Stany Libie, du village Kimomo à Kwamouth, donne la mesure de l’événement. Selon ses déclarations, une cinquantaine de miliciens, provenant des villages d’Etumba na Ngwaka et de Kalunga, ont envahi les parcelles. « Ils ont ravagé tous les produits agricoles : maïs, manioc et arachides. Jusqu’en début de soirée, ils étaient en train de ravager », a-t-il affirmé. Cette attaque ciblée contre les produits agricoles n’est pas un acte isolé de banditisme, mais une démonstration de force. Elle prouve, selon le chef Libie, que les miliciens Mobondo restent « toujours là, à Kalunga, à Etumba na Ngwaka, dans la profondeur ; ils sont actifs ».

Cette incursion met en lumière une insécurité grandissante dans cette partie du Maï-Ndombe. Le conflit dans le territoire de Kwamouth, souvent marqué par des violences communautaires et l’action de groupes armés, prend ici une forme économique en s’attaquant directement aux moyens d’existence des populations. Le pillage des produits agricoles plonge des familles entières dans une précarité immédiate, annihilant leurs réserves alimentaires et leurs revenus. Comment une communauté peut-elle se relever lorsque son grenier est vidé sous la menace des armes ?

Face à cette situation, l’appel lancé par le chef Stany Libie résonne comme un cri d’alarme. Il exige des opérations de ratissage dans la zone pour mettre un terme à l’insécurité. Cet appel souligne un sentiment d’abandon ressenti par la population, alors que les opérations militaires semblent marquer le pas. En effet, depuis le rappel à Kinshasa du porte-parole de l’opération Ngemba, le capitaine Anthony Mualushayi, plus aucune information significative sur le déploiement ou les actions des forces armées n’a filtré sur le terrain.

Pourtant, les opérations militaires menées auparavant avaient enregistré des succès notables. Avant la fin de l’année 2025, près du village Bolingo, un bastion des miliciens Mobondo avait été repris, avec des captures et des neutralisations à la clé. Le silence actuel autour des opérations laisse planer le doute sur la stratégie adoptée et la capacité à protéger durablement les civils. L’attaque de Bibonga intervient dans ce vide informationnel et sécuritaire, comme une provocation.

La situation décrite par le chef traditionnel est la preuve palpable d’une présence milicienne qui n’est plus seulement dissimulée, mais qui agit en plein jour, en toute impunité. Le territoire de Kwamouth reste un point névralgique de l’insécurité dans la province du Maï-Ndombe. L’inaction ou la raréfaction des patrouilles pourraient être interprétées comme un signe de faiblesse, encourageant ainsi de nouvelles exactions. Les miliciens Mobondo, en s’en prenant aux ressources vitales, visent à asphyxier les populations et à affirmer leur contrôle sur la zone.

Les conséquences de ce pillage vont bien au-delà de la perte matérielle immédiate. Elles compromettent la sécurité alimentaire locale et risquent d’accentuer les déplacements de populations, déjà vulnérables. Sans une réponse ferme et visible des autorités, le cycle de la violence et de la prédation pourrait s’installer durablement. La population de Bibonga, et plus largement celle du territoire de Kwamouth, attend désormais une réaction à la hauteur de l’enjeu : la restauration de l’autorité de l’État et la protection des civils contre les groupes armés.

L’attaque de ce samedi sonne comme un rappel brutal. L’accalmie apparente n’était que temporaire. Les miliciens Mobondo, loin d’avoir disparu, ont simplement adapté leurs méthodes, ciblant désormais l’économie rurale pour affirmer leur emprise. La balle est maintenant dans le camp des forces de sécurité. Leur réponse, ou leur absence de réponse, déterminera l’évolution du conflit dans ce territoire déjà meurtri. La communauté internationale et les organisations humanitaires suivent de près cette détérioration, alors que les besoins en protection et en aide alimentaire pourraient exploser dans les prochaines semaines.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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