Une lueur d’espoir pour les communautés agricoles du Kasaï Oriental. L’organisation internationale Helen Keller International intensifie actuellement son intervention cruciale dans le territoire de Tshilenge. Son arme de choix contre l’insécurité alimentaire ? Une distribution de semences maraîchères ciblée, offrant aux familles vulnérables les moyens concrets de diversifier et sécuriser leur alimentation.
Concrètement, 250 ménages répartis sur les sites de Kalonji Sud, Lukalaba, Nsangu et Kasansa reçoivent depuis la semaine dernière un kit précieux : 50 grammes de semences de tomates et d’amarantes. Cette initiative ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans la continuité d’un soutien plus large, puisque lors de la précédente saison culturale, ces mêmes bénéficiaires avaient reçu des semences de maïs, de soja et de niébé. Cette stratégie en plusieurs phases constitue le cœur du projet ambitieux « Transformer les vies par la nutrition » porté par l’ONG.
Mais comment transformer quelques grammes de semences en un bouclier contre la faim ? La réponse réside dans une approche holistique. Avant même de recevoir les précieux sachets, les agriculteurs ont été formés aux bonnes pratiques agricoles. Car posséder des semences de qualité n’est qu’une première étape ; savoir les cultiver de manière optimale pour en tirer le maximum de nutriments et de rendements en est une autre, tout aussi vitale. Jean-Paul Mukadi, point focal de Helen Keller International dans la zone, résume l’objectif final : « Nous voulons accroître la sécurité alimentaire. […] En ce moment-là, on devrait également appuyer les ménages pour accroître la production agricole locale ».
Le choix des cultures distribuées est loin d’être anodin. L’amarante, souvent méconnue, est une véritable pépite nutritionnelle. Riche en fer, en protéines, en calcium et en vitamines A et C, elle constitue un aliment de premier ordre pour lutter contre les carences, notamment chez les jeunes enfants et les femmes enceintes. La tomate, quant à elle, apporte des vitamines essentielles et permet de varier les sauces et accompagnements, rompant la monotonie des régimes alimentaires souvent trop centrés sur les féculents. En introduisant ces légumes dans les parcelles familiales, le projet vise à améliorer directement la qualité nutritionnelle des assiettes.
Cette action ciblée dans le Kasaï Oriental répond à un besoin urgent. L’insécurité alimentaire reste une menace palpable pour de nombreuses familles congolaises, souvent dépendantes d’une agriculture de subsistance vulnérable aux aléas climatiques et économiques. En dotant les ménages de moyens de production durables et en leur transmettant le savoir-faire nécessaire, Helen Keller International mise sur l’autonomisation. L’idée est simple mais puissante : permettre aux communautés de devenir actrices de leur propre sécurité alimentaire, en produisant localement des aliments nutritifs.
Les nutrition projets de ce type démontrent qu’investir dans l’agriculture familiale et la diversification des cultures est l’une des clés pour bâtir une résilience à long terme. Au-delà de l’aide d’urgence, c’est un accompagnement vers l’autosuffisance qui se dessine. Pour les 250 familles bénéficiaires de Lukalaba et Kasansa, ces semences représentent bien plus qu’un simple don. Elles symbolisent la possibilité de récolter, dans quelques mois, non seulement des légumes, mais aussi une meilleure santé et une plus grande autonomie. Une leçon à retenir : parfois, les solutions les plus efficaces contre la farn tiennent dans un petit sachet de graines, accompagné d’un savoir à partager.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
