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Haut-Uele : l’inaction des militaires après l’attaque meurtrière à Watsa scandalise

La colère gronde dans le territoire de Watsa, province du Haut-Uele. La société civile locale a lancé un cri d’alarme retentissant, dénonçant avec force l’inertie des autorités provinciales face à une insécurité qui ne cesse de s’aggraver. Ce constat amer fait suite à une nouvelle attaque d’une violence inouïe survenue mardi dernier, ciblant des orpailleurs et des négociants dans une carrière minière. Comment une telle violence peut-elle encore sévir en toute impunité ?

Les faits sont glaçants. Dans la nuit de mardi à mercredi, des hommes armés ont investi une carrière d’exploitation artisanale. Opérant avec un calme déconcertant, ils ont mené leurs actions de pillage entre 1 heure et 3 heures du matin. Malgré la proximité d’une position militaire, aucune réaction des forces de l’ordre n’a été constatée par les témoins. Cette inaction apparente a laissé le champ libre aux assaillants, qui ont emporté de nombreux biens appartenant aux habitants.

Le bilan humain est lourd. Une personne a succombé sur le coup à ses blessures par balles. Six autres victimes, grièvement touchées, ont dû être évacuées vers des structures hospitalières où elles luttent pour leur survie. Cette attaque sanglante n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans un cycle infernal d’insécurité à Watsa qui frappe de manière récurrente les sites d’extraction artisanale. Les carrières minières, véritables poumons économiques pour beaucoup, se transforment en zones de non-droit.

Jean-Pierre Atsidri, président de la société civile de Watsa, ne cache plus son exaspération. « Nous ne savons plus quoi dire », lance-t-il, amer. Selon lui, les multiples alertes lancées par la population sont restées lettre morte. Il pointe du doigt une gestion sécuritaire sclérosée, critiquant ouvertement le maintien en poste de certains commandants militaires. « Nous avons déjà sollicité la mutation de ces commandants qui sont ici depuis trop longtemps et qui se comportent comme des chefs coutumiers. Rien n’a été fait », accuse-t-il. Pourquoi un tel immobilisme ? La question brûle les lèvres de tous les habitants.

L’épisode récent illustre parfaitement le sentiment d’abandon. L’attaque contre les orpailleurs du Haut-Uele a eu lieu à quelques encablures seulement d’une base militaire. L’absence de réaction des soldats interroge et scandalise. Cette inaction des militaires dans le Haut-Uele nourrit les pires craintes quant à la capacité de l’État à protéger ses citoyens. Le taux de criminalité a, selon la société civile, « terriblement augmenté », plongeant les communautés dans une anxiété permanente.

Face à ces accusations graves, les autorités provinciales semblent pour l’heure en retrait. Contacté par nos soins, Emmanuel Arama, porte-parole du gouvernement provincial du Haut-Uele, a adopté une posture d’attente. Il a indiqué que sa administration ne se prononcerait qu’après la réception et l’analyse du rapport officiel du ministre provincial de l’Intérieur. Une réponse procédurière qui contraste avec l’urgence exprimée sur le terrain.

Cette situation crée un climat de défiance profond entre la population et ses dirigeants. L’insécurité chronique à Watsa n’est plus seulement une question de banditisme ; elle devient un symptôme d’une crise de gouvernance plus large. Les appels à un renouvellement du commandement sécuritaire local et à un déploiement plus efficace des forces de l’ordre se font de plus en plus pressants. Sans une réponse ferme et tangible, le risque est de voir la violence s’enkyster davantage, compromettant toute activité économique et sociale dans cette région riche en ressources mais pauvre en sécurité.

Le territoire de Watsa est à un carrefour critique. Les jours à venir seront déterminants. Soit les autorités provinciales et nationales prendront enfin la mesure de la détresse populaire et engageront des actions concrètes pour sécuriser les carrières minières et les villages. Soit le silence et l’immobilisme prévaudront, avec la perspective funeste de nouvelles tragédies. La balle est désormais dans le camp des décideurs. La population, elle, attend, espère et surveille, lasse d’être la victime récurrente d’une insécurité qui pourrait être contenue.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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