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Maniema: Les Wazalendo s’affrontent aux FARDC, une crise humanitaire éclate

La province du Maniema, en République démocratique du Congo, est secouée par des tensions internes qui menacent sa stabilité. Des notables et acteurs politiques locaux lancent un cri d’alarme pressant au gouvernement central d’assurer une gestion efficace des combattants Wazalendo. Ces derniers, pourtant alliés supposés, s’engagent régulièrement dans des affrontements avec les Forces armées de la RDC, créant un climat d’insécurité délétère.

Les conséquences de ces conflits fratricides sont déjà visibles et dramatiques. Il y a une dizaine de jours, le territoire de Kailo, précisément dans le groupement Kasenga Numbi, a été le théâtre de violents combats entre les deux camps. Ces affrontements Wazalendo FARDC ont forcé des milliers de civils à fuir leurs villages, déclenchant un mouvement massif de populations. Les familles se sont réfugiées dans la forêt, exposées aux intempéries et privées de tout moyen de subsistance.

Cette situation dégénère rapidement en une crise humanitaire au Maniema. Les déplacés se retrouvent sans abri, sans nourriture et sans accès aux soins de santé de base. Eddy Moke Sumaili, notable de Kailo, interpelle directement le chef de l’État. Il demande une intervention urgente et la mobilisation de tous les moyens pour résoudre ce conflit Kailo territoire avant qu’il ne consume toute la région. La question est posée avec insistance : quel est l’intérêt pour ces groupes, censés défendre la même nation, de s’affronter ?

Face à l’urgence, un plaidoyer pour la paix est officiellement présenté aux plus hautes autorités. Les notables ciblent le ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, et le ministre de la Défense, Guy Mwadiavita. Les ministères de la Santé et des Affaires humanitaires sont également saisis, avec un avertissement clair : sans action immédiate, le « désastre » localisé pourrait s’étendre à l’ensemble de la province. La gestion des combattants Wazalendo est au cœur des préoccupations.

L’appel dépasse le simple cadre gouvernemental. Les notables en appellent également aux autorités provinciales et aux originaires du Maniema. Ils les exhortent à se rendre à Kindu, la capitale provinciale, pour une mission de sensibilisation et d’encadrement des milices. Leur message est sans équivoque : la paix n’est pas uniquement l’œuvre du président de la République. Elle est une responsabilité collective, une « affaire de tous ». Cette approche inclusive souligne la nécessité d’une solution concertée et ancrée localement.

Les affrontements récurrents posent une question fondamentale sur la coordination et le commandement des forces sur le terrain. Comment expliquer que des partenaires dans la lutte contre des groupes armés adverses en viennent à se combattre mutuellement ? Cette incohérence sape non seulement l’efficacité des opérations militaires mais érode également la confiance des populations civiles, premières victimes de ces heurts. La cohésion nationale est mise à rude épreuve par ces incidents.

La crise humanitaire qui en découle exige une réponse rapide et coordonnée. Les besoins en abris, nourriture, eau potable et soins médicaux sont criants dans les zones de déplacement. La saison des pluies aggravant les conditions de vie, le risque d’épidémies et de malnutrition sévère augmente chaque jour. L’inaction pourrait transformer une crise localisée en une catastrophe à grande échelle. La priorité absolue doit être la protection des civils et l’accès humanitaire sans entrave.

Le plaidoyer des notables représente donc une tentative cruciale de briser le cycle de la violence. En attirant l’attention des plus hautes sphères de l’État, ils espèrent initier un dialogue et des mécanismes concrets de gestion des combattants Wazalendo. Leur démarche est un signal fort envoyé à Kinshasa : les solutions imposées d’en haut, sans considération pour les dynamiques locales, sont vouées à l’échec. L’implication des leaders communautaires est indispensable pour apaiser les tensions et construire une paix durable.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement. La réponse apportée à cet appel déterminera l’évolution de la situation sécuritaire dans le Maniema. Une action décisive pourrait ramener le calme et permettre le retour des déplacés. À l’inverse, l’indifférence ou la lenteur risquent d’envenimer le conflit, avec des répercussions imprévisibles pour la stabilité de toute la province, voire au-delà. L’heure est à la responsabilité et à l’action concertée.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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