Un coup de massue pour le football congolais. La Confédération Africaine de Football (CAF) vient de porter un jugement sans appel : le Stade des Martyrs de la Pentecôte, à Kinshasa, n’est plus aux normes. La dérogation exceptionnelle qui permettait à l’enceinte mythique d’accueillir des matches continentaux est officiellement retirée. Une décision lourde de conséquences, tombée ce dimanche 11 janvier, qui plonge le football national dans une nouvelle zone de turbulences.
Le verdict est tombé après de nouvelles inspections techniques menées par les émissaires de l’instance dirigeante. Et le constat est sans concession. La pelouse, cœur battant de toute arène footballistique, ne répond pas aux standards. Les dispositifs de sécurité présentent des failles jugées inacceptables pour accueillir des foules dans des compétitions de haut niveau. L’absence d’équipements médicaux adéquats et l’état défectueux des installations sanitaires ont achevé de convaincre les inspecteurs. Face à cet ensemble de manquements, la CAF n’a pas transigé : la licence provisoire est révoquée.
L’impact est immédiat et frappe de plein fouet la représentation congolaise en coupe d’Afrique. L’AS Maniema Union, engagée dans l’arène de la Coupe de la Confédération, se retrouve soudainement sans stade pour jouer à domicile. Le club de Kindu, porteur des espoirs d’une province entière, est contraint à l’exil. La solution de repli ? Le stade TP Mazembe de Lubumbashi, à plus de 1 500 kilomètres de ses supporters. Un déracinement qui alourdit considérablement la tâche des joueurs et prive le football national d’un de ses bastions. Le scénario est cruement identique à celui vécu par le FC Saint-Éloi Lupopo. Le message est clair : sans infrastructure digne de ce nom, les clubs congolais sont condamnés à jouer en nomades sur la scène continentale.
Mais au-delà du sort immédiat de l’AS Maniema Union, cette sanction de la CAF agit comme un électrochoc. Elle met en lumière, de la manière la plus crue qui soit, les failles béantes des infrastructures sportives en République Démocratique du Congo. Une vérité qui fait mal : à ce jour, aucune enceinte sur l’ensemble du territoire national ne peut prétendre répondre pleinement aux critères internationaux. Pourtant, les ambitions, elles, sont colossales. Comment, dans ces conditions, prétendre organiser la Coupe d’Afrique des Nations 2029 ? L’annonce de la candidature avait soulevé un vent d’enthousiasme. La réalité, elle, est un seau d’eau froide. L’homologation du stade de Kinshasa, ou plutôt son absence, devient le symbole de ce gouffre entre les rêves et les réalités du terrain.
Le retrait de la dérogation pour le Stade des Martyrs sonne comme un avertissement sérieux. La CAF ne badine pas avec ses standards, et le chemin vers la CAN 2029 sera semé d’embûches si rien ne change. Cette décision relance avec une urgence brûlante le débat sur la modernisation indispensable des équipements sportifs. Faut-il se contenter de rafistolages pour obtenir une nouvelle autorisation provisoire ? Ou engager enfin des travaux structurants et durables pour doter le pays d’une arène digne de son histoire footballistique et de ses ambitions ?
Le football congolais se trouve à un carrefour. Les joueurs et les clubs ont montré qu’ils pouvaient briller par leur talent et leur abnégation. Mais sans un cadre adéquat, ce talent risque de continuer à se heurter à un plafond de béton. L’enjeu dépasse la simple organisation d’un match de Coupe de la Confédération. Il touche à la crédibilité même de tout le football national sur la scène africaine. La balle est désormais dans le camp des autorités. Réagiront-elles à la hauteur du défi, ou assistera-t-on, impuissants, à d’autres revers administratifs qui entraveront l’élan des Léopards ? L’avenir du football congolais, et notamment sa capacité à accueillir un événement majeur comme la CAN 2029, se joue aujourd’hui sur le terrain des infrastructures.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: mediacongo.net
